Laboratoire d'archéologie du Québec
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Assiette à dessert. Vue généraleImage
Photo : Daphnée Bouchard 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Assiette à dessert. DessusImage
Photo : Daphnée Bouchard 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Assiette à dessert. DessousImage
Photo : Daphnée Bouchard 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Assiette à dessert. ProfilImage
Photo : Daphnée Bouchard 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BjFj-4 > Opération 32 > Sous-opération K > Lot 15 > Numéro de catalogue 1671

Contexte(s) archéologique(s)

Cave
Cellier
Dépotoir
Marché

Région administrative

Montréal

MRC

Montréal

Municipalité

Montréal

Fonction du site

domestique
commerciale
technologique
institutionnelle

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

L'assiette à dessert a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle est associée aux caves situées sous les celliers du premier marché Sainte-Anne (1834-1844). L'assiette présente un intérêt en raison de son décor et de sa rareté.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

L'assiette à dessert en terre cuite fine blanche est possiblement fabriquée entre 1820 et 1850 en Angleterre. Elle est moulée, cuite une première fois, trempée dans la glaçure verte et cuite une seconde fois en cazette.

En 1759, Josiah Wedgwood, en collaboration avec Thomas Whieldon, perfectionne une nouvelle glaçure pour les terres cuites fines anglaises en ajoutant des oxydes de cuivre dans la glaçure au plomb : le produit est une riche glaçure verte. La popularité de ces pièces, y compris la glaçure verte qui est parfois combinée à une glaçure jaune, dure une vingtaine d'années entre 1760 et le début des années 1780. Malgré la fin de l'engouement pour ce style, quelques potiers continuent de produire des céramiques dans le style « Greenware », dont Wedgwood. Ce dernier produit surtout des services à dessert au motif de feuilles en relief moulées comme cette assiette. À partir de 1851, un nouvel essor des céramiques décorées de motifs en relief recouverts de riches glaçures colorées est propulsé par Minton lors de l'Exposition universelle de Londres. Ces décors moulés à glaçures dits « Victorian Majolica » se distinguent principalement par l'utilisation de plusieurs teintes de glaçures sur une même pièce, dont le bleu, le jaune, le rose, l'orange et le turquoise. Cette assiette à dessert est en quelque sorte un précurseur des céramiques dites « Victorian Mojolica » en vogue durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Bien que très populaires, les céramiques aux glaçures colorées comme cette assiette, ainsi que les « Victorian Majolica », se rencontrent peu fréquemment sur les sites archéologiques québécois.

L'assiette à dessert est un récipient peu profond utilisé pour la consommation d'aliments solides variés lors de la prise d'un repas tels que des gâteaux, de la confiserie, des fruits, etc. D'après le contexte de sa découverte en milieu commercial, cette assiette peut avoir servi à plusieurs utilisateurs, comme des commerçants, des employés ou des visiteurs de passage. Il peut s'agir d'une vaisselle utilisée dans une cantine ou d'autres lieux de restauration établis au marché ou bien d'un objet de seconde main invendu par l'un des regrattiers du marché.

L'assiette à dessert a été mise au jour en 2017 sur le site archéologique de la place D'Youville, à Montréal. À son inauguration en 1834, le marché Sainte-Anne offre en location plusieurs espaces. Le rez-de-chaussée loge des bouchers, des poissonniers et des vendeurs de volailles, alors que les portiques abritent des regrattiers ambulants. L'étage supérieur accueille des rassemblements ponctuels et des organisations diverses. L'étage inférieur est constitué de 28 celliers accessibles seulement de l'extérieur par des escaliers qui y descendent depuis la rue. Ce sont des espaces commerciaux loués à l'année ou au mois. En dix ans, ils hébergent des poissonniers et des vendeurs de denrées diverses, mais également de nombreux locataires éphémères de métiers et d'occupations variés, tels des cantiniers, des apothicaires et des artisans. Les archives judiciaires démontrent également que ces celliers abritent, à certaines occasions, des bordels et des débits de boisson illégaux.

L'assiette à dessert provient de la cave des celliers de la section sud de l'aile est du premier marché Sainte-Anne (1834-1844). Sous les décombres du Parlement incendié le 25 avril 1849, plusieurs monticules de déchets ont été localisés par les archéologues le long des murs entre les piliers ou contreforts soutenant les planchers des celliers du marché. Ces monticules ont révélé une importante quantité d'artéfacts complets après remontage qui aurait été jetée dans les caves par les trappes des planchers avant 1844 ou 1849. Étant donné leur position stratigraphique et l'absence d'altération par le feu, ces artéfacts sont associés à la période d'occupation des celliers par divers locataires du premier marché. L'assiette a été restaurée entre 2017 et 2023.

RÉFÉRENCES

BOCKOL, Leslie. Victorian Majolica. Atglen, Schiffer Publishing Ltd, 1996. 188 p.
Ethnoscop inc. Fouilles, sondages et surveillance archéologique sur la Place d'Youville Ouest, site du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni (BjFj-4). Rapport de recherche archéologique [document inédit], Pointe-à-Callière/MCCQ/Ville de Montréal, 2018. 78 p.
GIGNAC, François et Hendrik VAN GIJSEGHEM. « Une occupation domestique au parlement de la province du Canada, à Montréal, 1844-1849 ». Archéologiques. No 35 (2022), p. 19-36.
LABONTÉ-LECLERC, Mélissa et Delphine LÉOUFFRE. « Whiteware ». MÉTREAU, Laetitia, dir. Identifier la céramique au Québec. Cahiers d'archéologie du CÉLAT, 41. Québec, CÉLAT, 2016, p. 237-244.
Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal. Montréal capitale : l’exceptionnelle histoire du site archéologique du marché Sainte-Anne et du parlement de la province du Canada. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2021. 236 p.