Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bol. Vue générale - Côté AImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bol. Côté BImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bol. Côté CImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bol. Côté DImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bol. DessusImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bol. DessousImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-579 > Opération 11 > Sous-opération B > Lot 1 > Numéro de catalogue 53

Contexte(s) archéologique(s)

Domestique
Latrines

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le bol a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il s'agit d'un exemple de bol en céramique de type « pearlware » présentant un décor peint monochrome bleu, qui est associé à une période de production située entre 1815 et 1830.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le bol est moulé en terre cuite fine de type « pearlware » entre 1815 et 1830 en Angleterre. Il est orné d'une large bande bleue de largeur moyenne, située près du rebord de la surface extérieure. Cette bande est ponctuée d'une frise florale et végétale bleu foncé réalisée à l'aide d'un large pinceau. Une fleur bleue orne le centre du bol, à l'intérieur.

Le bol est un récipient lié à la préparation, au service et à la consommation des aliments. Le décor monochrome bleu ornant cet objet, réalisé avec de larges traits, correspond au retour de l'omniprésence du bleu dans les décors céramiques. En effet, une pause s'effectue entre 1795 et 1815 en raison de problèmes d'approvisionnement et des prix fluctuants du cobalt causés par les guerres napoléoniennes. Cela force les fabricants à utiliser d'autres couleurs que le bleu pour les décors. C'est durant cette période que le style polychrome utilisant du vert, du jaune, du brun et très peu de bleu est populaire. Après 1815, les objets peints en bleu cobalt redeviennent courants. Le style monochrome bleu d'entre 1815 et 1830 se différencie des motifs floraux polychromes, qui comportent aussi du bleu durant cette période, par l'utilisation de larges pinceaux créant une végétation d'un format plus grand que les fleurs délicates des autres styles.

Le bol a été mis au jour en 2018 sur le site archéologique du poste de la Reine situé dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Les fouilles ont permis de découvrir une soixantaine de structures dont six fosses de latrines, ainsi qu'une collection de plus de 6 000 artéfacts. Ceux-ci témoignent des activités quotidiennes des résidents du secteur entre le XVIIIe et la fin du XIXe siècle, où les fonctions résidentielles et commerciales s'entremêlent. En 1894, l'acquisition des lots résidentiels par la Montmorency Electric Power Co marque le début d'une nouvelle ère industrielle de production d'électricité sur ce site. Le poste connait plusieurs propriétaires au cours du XXe siècle, dont la Quebec Railway, Light, Heat and Power Company. En 1963, lors de la deuxième nationalisation des compagnies d'électricité, Hydro-Québec acquiert le poste. Depuis sa mise en service jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, ce poste, par lequel transite la charge alimentant les seize districts du réseau, demeure le plus important du réseau de Québec. Le poste de la Reine cesse ses activités en 2016; il s'agissait du plus vieux poste de transformation hydroélectrique au pays. L'intervention archéologique est réalisée au cours du démantèlement du poste.

Le bol provient d'une opération située dans la partie sud-est du site archéologique, à l'angle des rues actuelles de la Reine et Monseigneur-Gauvreau. Ce secteur a révélé la présence de deux fosses de latrines. Cet objet est issu d'un lot de 500 artéfacts mis au jour lors d'un sondage réalisé dans une fosse de latrines en bois dont l'utilisation est datée de la fin du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle. Selon les plans anciens, cette fosse de latrines pourrait être associée à la résidence située au 12, rue Grant (maintenant Monseigneur-Gauvreau).

RÉFÉRENCES

Castonguay Dandenault & Associés Inc. Démantèlement et réhabilitation du poste de la Reine. Rue Prince-Édouard à Québec. Surveillance et fouilles archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Hydro-Québec, 2019. s.p.
MÉTREAU, Laetitia, dir. Identifier la céramique au Québec. Cahiers d'archéologie du CÉLAT, 41. Québec, CÉLAT, 2016. s.p.