Laboratoire d'archéologie du Québec
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Grenade. Vue générale 1/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Grenade. Vue générale 2/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Grenade. Vue générale 3/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-150 > Opération 15 > Sous-opération B > Lot 1 > Numéro de catalogue 80

Contexte(s) archéologique(s)

Indéterminé

Région administrative

Capitale-Nationale

MRC

Québec

Municipalité

Québec

Fonction du site

domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La grenade a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car d'après le contexte de sa découverte, elle pourrait être un témoin du siège de Québec de 1759, ou encore du siège américain de 1775-1776. Son état entier permet également d'étudier sa forme et sa fonction plus en détail. Elle a aussi été choisie parce qu'elle fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La grenade en fonte d'un calibre de 4 livres est moulée en châssis et en sable, probablement en Angleterre au XVIIIe siècle. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse remplie de fonte liquide avec un noyau permettant une forme creuse.

La grenade est un projectile explosif antipersonnel lancé à la main par un grenadier, un militaire spécialisé, lors d'affrontements armés. La grenade est une sphère creuse en fonte. Elle est remplie de poudre à canon peu avant l'affrontement, puis fermée au moyen d'un bouchon en bois. Tout juste avant le tir, le bouchon est remplacé par une fusée en bois de forme conique et traversée au centre par une mèche en corde. Le bout de la mèche est allumé, puis la grenade est lancée à la main. Le feu de la mèche enflamme la poudre à l'intérieur de la grenade, ce qui fait exploser cette dernière. Des poches de toiles remplies de grenades peuvent aussi être tirées avec un mortier.

D'après le contexte de sa découverte, la grenade pourrait avoir été tirée depuis une galiote à bombe britannique naviguant sur le fleuve à l'embouchure de la rivière Saint-Charles durant le siège de Québec de 1759. Elle pourrait aussi avoir été utilisée lors des combats rapprochés pendant le siège américain de 1775-1776. La grenade, qui n'a pas explosé, demeure entière.

La grenade a été mise au jour en 1987 sur un site archéologique situé dans le quartier Saint-Nicolas, en basse-ville de Québec, non loin de la rivière Saint-Charles. Les premiers lots le long de la rue Saint-Nicolas sont cédés en 1692 par les Ursulines et les Jésuites. Jusqu'en 1739, la rue est principalement occupée par des artisans. À cette date débutent les activités du chantier naval royal à proximité, alors que l'îlot Saint-Nicolas accueille des maisons et des activités reliées au chantier. Au tournant du XIXe siècle, la zone du chantier naval est réduite avec la construction de plusieurs maisons jusqu'en 1821. Les bâtiments de l'îlot Saint-Nicolas sont incendiés en 1843 puis en 1845, lors de l'incendie du quartier Saint-Roch. Dans la seconde moitié du XIXe, le quartier prend une vocation commerciale, sans doute grâce à la proximité du port et de la gare de train érigés sur les terrains de l'ancien chantier naval.

La grenade a été restaurée en 1989 dans les laboratoires de l'Université Laval, puis à nouveau au Centre de conservation de Québec (CCQ) à un moment indéterminé pour traiter une reprise de corrosion. À ce jour, elle fait partie de l'exposition dans le bar Artefact de l'auberge Saint-Antoine, à Québec.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.