Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bombe de mortier. Vue généraleImage
Photo : Jacques Beardsell 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-338 > Opération 3 > Sous-opération A > Lot 99 > Numéro de catalogue 2

Contexte(s) archéologique(s)

Indéterminé

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bombe de mortier a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car son calibre de 13 pouces ainsi que le lieu de sa découverte indiquent que la bombe a vraisemblablement été tirée par les Britanniques lors du siège de Québec de 1759. Elle a aussi été choisie parce qu'elle fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bombe de mortier en fonte et en fer forgé d'un calibre de 13 pouces est moulée en châssis et en sable au XVIIIe siècle, probablement en Angleterre. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse remplie de fonte liquide avec un noyau permettant une forme creuse. Les anneaux de suspension en fer forgés, aujourd'hui manquants, sont ajoutés dans le moule avant l'ajustement de ses deux parties, puis le moule est ajusté et la fonte est coulée.

Les bombes de mortier sont des projectiles d'artillerie. Ces sphères creuses en fonte sont d'abord remplies de poudre à canon par le goulet, une ouverture circulaire située au sommet, puis fermée d'un bouchon en bois. Au moment du tir, le bouchon est remplacé par une fusée à mèche qui est allumée lors de l'expulsion du projectile par le mortier. Une fois la cible atteinte, le projectile explose grâce à la fusée. Les bombes de mortier sont tirées au-dessus des fortifications, notamment, afin d'exploser à l'intérieur des ouvrages et des villes fortifiés. Elles peuvent aussi incendier les bâtiments dont elles défoncent les toitures du fait de leur poids élevé. D'après le contexte de sa découverte et son calibre britannique de 13 pouces, cette bombe a vraisemblablement été tirée par des artilleurs anglais depuis une galiote à bombe naviguant sur le fleuve à l'embouchure de la rivière Saint-Charles lors du siège de Québec de 1759. Elle ne peut pas avoir été tirée par les artilleurs en batterie à Lévis, puisque le secteur de sa découverte en est trop éloigné. Une fois tiré, le projectile n'a pas éclaté, demeurant entier. La bombe pourrait avoir roulé lors de son atterrissage, écrasant la tête de la fusée et éteignant la mèche. Le corps de la fusée est cassé en plusieurs fragments.

La bombe à mortier a été mise au jour en 1985 à Québec, lors de surveillances archéologiques de travaux d'excavation effectués au coin des rues Couillard et Hamel. Cette rue traverse la terre concédée en 1622 à Louis Hébert (1575-1627). Une fois la terre vendue au Séminaire de Québec en 1663, des lots sont progressivement cédés pour y bâtir des logements. La rue apparait pour la première fois sur une carte en 1709 sous le nom de Saint-Joachim. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, elle accueille des artisans comme le serrurier André Bouchard qui occupe l'une des plus anciennes maisons de la ville (1728), au no 17. L'érection de l'Université Laval près des bâtiments du Séminaire de Québec de 1854 à 1856 transforme le quartier. Intellectuels, professionnels, artistes et étudiants sont attirés par ce foyer culturel. Lorsque le campus déménage en banlieue, la rue perd son effervescence.

Douze kilos de poudre à canon se trouvaient encore à l'intérieur de la bombe au moment de sa découverte, et sont toujours conservés dans un sac. La bombe est déclarée inerte lors d'un passage à la base militaire de Valcartier, et l'inscription « INERTE » est peinte en blanc au pochoir sur sa paroi. Elle a également été restaurée.

RÉFÉRENCES

Ethnoscop inc. Interventions archéologiques dans le Vieux-Québec 2017, rue Sainte-Angèle, Couillard et Hamel. Ville de Québec, 2019. s.p.
L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.