Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bombe de mortier. Vue générale 1/2Image
Photo : Jacques Beardsell 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bombe de mortier. Vue générale 2/2Image
Photo : Jacques Beardsell 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-32 > Opération 3 > Sous-opération B > Lot 15 > Numéro de catalogue 6

Contexte(s) archéologique(s)

Cour

Région administrative

Capitale-Nationale

MRC

Québec

Municipalité

Québec

Fonction du site

institutionnelle
agricole
domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le fragment de bombe de mortier a été sélectionné pour la collection archéologique du Québec, car son calibre de 10 pouces ainsi que le lieu de sa découverte indiquent que la bombe a vraisemblablement été tirée par les Britanniques lors du siège de Québec de 1759. Il a aussi été choisi parce qu'il fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le fragment de bombe de mortier en fonte fait partie d'un projectile d'un calibre de 10 pouces moulé en châssis et en sable au XVIIIe siècle, probablement en Angleterre. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse remplie de fonte liquide avec un noyau permettant une forme creuse. Les anneaux de suspension en fer forgés sont ajoutés dans le moule avant l'ajustement de ses deux parties, puis le moule est ajusté et la fonte est coulée.

Les bombes de mortier sont des projectiles d'artillerie. Ces sphères creuses en fonte sont d'abord remplies de poudre à canon par le goulet, une ouverture circulaire située au sommet, puis fermée d'un bouchon en bois. Au moment du tir, le bouchon est remplacé par une fusée à mèche qui est allumée lors de l'expulsion du projectile par le mortier. Une fois la cible atteinte, le projectile explose grâce à la fusée. Les bombes de mortier sont tirées au-dessus des fortifications, notamment, afin d'exploser à l'intérieur des ouvrages et des villes fortifiés. Elles peuvent aussi incendier les bâtiments dont elles défoncent les toitures du fait de leur poids élevé. D'après le contexte de sa découverte et son calibre britannique de 10 pouces, cette bombe a vraisemblablement été tirée par des artilleurs anglais depuis Lévis lors du siège de Québec de 1759. Des mortiers britanniques de 10 et 13 pouces y étaient alors mis en batteries. Une fois tiré, le projectile éclatait comme prévu, ce qui explique son état fragmentaire actuel.

La bombe de mortier a été mise au jour en 1991 sur le site archéologique du Séminaire de Québec.

L'endroit est d'abord fréquenté par les Premières Nations, puis, à compter de 1623, il est occupé par les premiers agriculteurs au Canada : la famille Hébert-Couillard. Ces derniers y construisent au moins deux habitations successives, avec des bâtiments secondaires. Une partie de ces terres est ensuite achetée par le Séminaire de Québec, lequel est fondé en 1663 par le premier évêque d'Amérique du Nord, Monseigneur François de Laval. Le séminaire est le résultat de sept périodes de construction. La première remonte à 1675, alors que Mgr de Laval revient de France avec une quinzaine d'artisans pour travailler à l'érection du petit (1675-1677) et du grand séminaire (1678-1681). Les bâtiments sont lourdement abîmés par deux incendies en 1701 et en 1705. Ils sont reconstruits, puis de nouveau endommagés pendant le siège de Québec en 1759. L'ensemble est restauré après la Conquête britannique (1760) et rouvre peu après. Un nouvel incendie endommage les bâtiments en 1772, qui sont subséquemment restaurés. De 1784 à 1785, une chapelle est construite aux frais de l'évêque Mgr Jean-Olivier Briand (1715-1794) dans l'aile de la Procure. De nombreux travaux d'agrandissement ont lieu de 1822 à 1828, puis la nouvelle aile du grand séminaire érigée entre 1822 et 1828 est ravagée par les flammes en 1865. Les travaux de réfection de 1889 à 1900 incluent une nouvelle chapelle (chapelle du Musée de l'Amérique française actuelle). À la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, de nouveaux bâtiments sont construits pour loger des classes et un nouveau grand séminaire. Le séminaire de Québec a été classé monument historique par le gouvernement du Québec en 1968; c'est également un Lieu historique national du Canada depuis 1929.

La bombe a été découverte dans la cour des Petits, dans un niveau associé à la destruction des bâtiments du Séminaire lors du siège de Québec de 1759.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.
Ville de Québec. Recherches archéologiques dans la cour des petits du Séminaire de Québec, CeEt-32. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ville de Québec, 1996. 118 p.