Laboratoire d'archéologie du Québec
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Boulet de pierrier. Vue générale 1/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Boulet de pierrier. Vue générale 2/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Boulet de pierrier. Vue générale 3/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-32 > Opération 1 > Sous-opération B > Lot 3 > Numéro de catalogue 82

Contexte(s) archéologique(s)

Cour
Remblai

Région administrative

Capitale-Nationale

MRC

Québec

Municipalité

Québec

Fonction du site

institutionnelle
agricole
domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le boulet de pierrier a été sélectionné pour la collection archéologique du Québec, car d'après le contexte de sa découverte, ce projectile serait un témoin du siège de Québec de 1759. Il aurait été tiré depuis un navire britannique vers la batterie du Clergé, mais aurait raté sa cible. Il a aussi été choisi parce qu'il fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le boulet de pierrier ou de « swivel gun » en fonte d'un calibre de 3 livres est moulé en châssis et en sable entre 1759 et 1862, probablement en Angleterre. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse, qui est remplie par la fonte. Les nombreuses bulles visibles en surface du projectile, dont une s'étendant jusqu'au noyau, sont probablement issues de ce procédé. Seule la moitié du projectile est conservée.

Le boulet de pierrier ou de « swivel gun » est utilisé comme munition dans un pierrier de calibre correspondant. Ces pièces d'artillerie sont en usage du XVIIe au XIXe siècle. Il s'agit de petits canons légers montés sur un émerillon plutôt que sur un affût, les dotant d'une grande manœuvrabilité. Ce type de canon peut pivoter sur 360 degrés. Les pierriers français sont d'abord chargés par la culasse puis par la bouche, alors que les « swivel guns » britanniques sont chargés par la bouche. Les pierriers et « swivel guns » sont d'abord des armes utilisées dans la marine, mais ils servent parfois aussi lors de combats terrestres, en particulier pour défendre une place forte ou un fort. Ils sont, par exemple, utilisés lorsque l'artillerie de place ne peut être utilisée faute d'espace pour leur recul ou lorsqu'une cadence de tir très rapide est désirée. Il s'agit d'un canon léger et mobile pouvant être déplacé facilement tant sur mer que sur terre.
D'après le contexte de sa découverte, ce boulet aurait été tiré depuis un navire britannique durant le siège de Québec de 1759 vers la batterie du Clergé, mais aurait raté sa cible. Le boulet aurait frappé un obstacle dur, vraisemblablement un bâtiment du Séminaire, et se serait brisé à l'impact. Les bulles présentes dans la masse du projectile pourraient constituer une faiblesse du boulet et avoir contribué à son éclatement.

Il a été mis au jour en 1991 sur le site archéologique du Séminaire de Québec. L'endroit est d'abord fréquenté par les Premières Nations, puis, à compter de 1623, il est occupé par les premiers agriculteurs au Canada : la famille Hébert-Couillard. Ces derniers y construisent au moins deux habitations successives, avec des bâtiments secondaires. Une partie de ces terres est ensuite achetée par le Séminaire de Québec, fondé en 1663 par le premier évêque d'Amérique du Nord, Monseigneur François de Laval. Le séminaire comporte sept périodes de construction. La première remonte à 1675, alors que Mgr de Laval revient de France avec une quinzaine d'artisans pour travailler à l'érection du petit (1675-1677) et du grand séminaire (1678-1681). Les bâtiments sont lourdement abîmés par deux incendies en 1701 et en 1705. Ils sont reconstruits, puis de nouveau endommagés pendant le siège de Québec en 1759. L'ensemble est restauré après la Conquête britannique (1760) et rouvre peu après. Un nouvel incendie endommage les bâtiments en 1772, qui sont subséquemment restaurés. De 1784 à 1785, une chapelle est construite par l'évêque Mgr Jean-Olivier Briand (1715-1794) dans l'aile de la Procure. De nombreux travaux d'agrandissement ont lieu de 1822 à 1828, puis la nouvelle aile du grand séminaire érigée entre 1822 et 1828 est ravagée par les flammes en 1865. Les travaux de réfection de 1889 à 1900 incluent une nouvelle chapelle (chapelle du Musée de l'Amérique française actuelle). À la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, de nouveaux bâtiments sont construits pour loger des classes et un nouveau grand séminaire. Le séminaire de Québec a été classé monument historique par le gouvernement du Québec en 1968; c'est également un Lieu historique national du Canada depuis 1929.

Le boulet de pierrier a été découvert dans des niveaux de remblai liés à la construction du troisième jeu de paume dans la cour des Petits du Séminaire de Québec, vers 1862. Le boulet a été restauré en 1992 dans les laboratoires de l'Université Laval.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.
Ville de Québec. Recherches archéologiques dans la cour des petits du Séminaire de Québec, CeEt-32. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ville de Québec, 1996. 118 p.