Laboratoire d'archéologie du Québec
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Balle de mitraille. Vue générale 1/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Balle de mitraille. Vue générale 2/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Balle de mitraille. Vue générale 3/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-541 > Opération 3 > Sous-opération J > Lot 2 > Numéro de catalogue 82

Contexte(s) archéologique(s)

Indéterminé

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La balle de mitraille a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car le contexte de sa découverte suggère qu'elle pourrait être liée au siège américain de Québec de 1775-1776. La balle a également été choisie parce qu'elle fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La balle de mitraille en fonte est moulée en coquilles avant 1776, probablement en Angleterre. Le moulage en coquilles se fait au moyen de deux parties semblables en métal qui présentent chacune l'empreinte en négatif d'une demi-sphère. Une fois les coquilles réunies l'une à l'autre, du métal liquide est coulé par une ouverture pratiquée à leur sommet. Ce procédé permet de couler simultanément des balles, quelques boulets de petit calibre ou un seul de gros calibre. Une ligne de moule est d'ailleurs visible sur la balle.

La balle de mitraille est un projectile d'artillerie antipersonnel utilisé avec un canon aux XVIIIe et XIXe siècles. Plusieurs balles sont rassemblées dans une poche de tissu (gargousse ou un cartouche en toile) ou dans une boîte à mitraille métallique, puis l'ensemble est inséré dans l'âme du canon, à la manière des autres projectiles. La munition est expulsée grâce à la charge placée sous elle, dans le canon. La poche ou la boîte est détruite par la détonation, et les balles de mitrailles sont dispersées lors du tir. Différentes grosseurs de balles sont utilisées, mais leur taille n'indique pas nécessairement le calibre de la pièce d'artillerie correspondant. Il s'agit d'utiliser un plus grand nombre de balles pour remplir une boîte ou cartouche destinée à un canon de gros calibre. D'après le contexte de sa découverte, cette balle aurait été tirée par des artilleurs britanniques lors du siège de Québec de 1775-1776, ou laissée sur place par les soldats américains battant leur retraite.

La balle de mitraille a été mise au jour en 1989 sur le site archéologique de la Grande Place, située dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Elle a été découverte dans un niveau d'occupation datant d'après 1845 et correspondant à une cour de bâtiment. Il s'agit sûrement de sols remaniés durant les réaménagements subséquents à l'incendie qui a détruit le quartier Saint-Roch en 1845. Ainsi, le projectile est vraisemblablement plus ancien, probablement un témoin du siège de Québec de 1775-1776 par les Américains. La balle de mitraille a pu avoir été tirée par les artilleurs britanniques. Il est aussi possible qu'elle ait été abandonnée par les Américains lors de leur retraite de 1776 au cours de laquelle ils ont laissé sur place une partie de leur artillerie. La balle de mitraille a été restaurée dans les laboratoires de l'Université Laval en 1991.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.
MCGAIN, Alison. Fouilles archéologiques, la Grande Place, Québec. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ville de Québec, Service de l'urbanisme, Division du Vieux-Québec et du patrimoine, 1990. 143 p.