Laboratoire d'archéologie du Québec
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Balle de mitraille. Vue générale 1/2Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Balle de mitraille. Vue générale 2/2Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-30 > Opération 26 > Sous-opération F > Lot 17 > Numéro de catalogue 3

Contexte(s) archéologique(s)

Aire de circulation
Remblai

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La balle de mitraille a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car le contexte de sa découverte suggère qu'elle pourrait être liée au siège de Québec de 1759 et avoir été tirée depuis un navire patrouillant le fleuve. Cependant, la distance étant trop importante, ce qui aurait minimisé l'impact potentiel de la munition, il est plus probable qu'il s'agisse d'une balle liée aux combats rapprochés lors du siège américain de 1775-1776. La balle a également été choisie parce qu'elle fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La balle de mitraille en fonte est moulée en coquilles durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, probablement en Angleterre. Le moulage en coquilles se fait au moyen de deux parties ou coquilles semblables en métal qui présentent chacune l'empreinte en négatif d'une demi-sphère. Une fois les coquilles réunies l'une à l'autre, du métal liquide est coulé par une ouverture pratiquée à leur sommet. Ce procédé permet de couler simultanément quelques boulets de petit calibre ou un seul de gros calibre.

La balle de mitraille est un projectile d'artillerie antipersonnel utilisé avec un canon aux XVIIIe et XIXe siècles. Plusieurs balles sont rassemblées dans une poche de tissu, aussi appelé gargousse ou cartouche en toile, ou dans une boîte à mitraille métallique, puis l'ensemble est inséré dans l'âme du canon, à la manière des autres projectiles. La munition est expulsée grâce à la charge placée sous elle, dans le canon. La poche ou la boîte est détruite par la détonation, et les balles de mitrailles sont dispersées lors du tir. Différentes grosseurs de balles sont utilisées, mais leur taille n'indique pas nécessairement le calibre de la pièce d'artillerie correspondant. Il s'agit d'utiliser un plus grand nombre de balles pour remplir une boîte ou cartouche destinée à un canon de gros calibre. D'après le contexte de sa découverte, la balle de mitraille pourrait avoir été tirée lors du siège de Québec de 1759 depuis un navire britannique patrouillant le fleuve devant l'estuaire de la rivière Saint-Charles. Cependant, la distance à parcourir pour la munition étant trop importante, minimisant ainsi son impact potentiel, il est plus probable qu'il s'agisse d'une munition liée aux combats du siège américain de 1775-1776.

Elle a été mise au jour en 1987 sur le site archéologique de l'îlot des Palais. Le palais de l'intendant est aménagé à partir de la brasserie du premier intendant de la colonie, Jean Talon (1626-1694), qui était en poste de 1669 à 1675. À partir de 1687, le palais est agrandi vers l'est afin d'accueillir la salle du Conseil supérieur, des prisons et des cachots, et afin d'offrir un espace pour entreposer les marchandises du Roi. Des latrines extérieures sont ajoutées sur les façades avant et arrière. La portion ancienne de l'édifice est réservée à l'intendant, à sa famille et à leurs domestiques, qui l'occupent des caves aux combles. Par la suite, une grande boulangerie est érigée perpendiculairement au palais, face à sa portion centrale. Le palais est détruit lors d'un incendie, en janvier 1713, lequel épargne cependant la boulangerie.

En 1716, un nouvel édifice est érigé sur les fondations, les caves et les anciens cachots du premier palais et sert d'entrepôts pour les marchandises du roi ainsi que de boulangerie. Les magasins du roi servent à entreposer les marchandises et les vivres destinés à l'armée, à la milice et aux postes et avant-postes de la colonie. Ces bâtiments sont détruits par un incendie en mai 1760, lors de la contre-attaque de l'armée française contre les troupes britanniques installées à Québec, lesquelles incendient accidentellement le quartier.

En 1820, l'armée procède au lotissement des terrains longeant la rue Saint-Vallier. Le milieu du XIXe siècle marque le retour de l'activité industrielle. Une fonderie s'y installe en 1846, puis une brasserie en 1852. La brasserie Boswell, qui acquiert par la suite la plupart des terrains, est rachetée pour devenir la Dow Limited. Devenue la Dow Limited, elle connait une fin abrupte en 1968.

Elle a été découverte dans une couche perturbée comprenant une grande quantité de débris de démolition provenant de bâtiments datant du Régime français. Cette couche perturbée reposait sur une couche datée au plus tôt de 1785, mais qui contenait des objets et des restes de bâtiments plus anciens. Bien qu'elle pourrait être un témoin du siège de 1759, il est également vraisemblable que cette balle témoigne du siège de 1775-1776. Elle a été restaurée.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.
MOUSSETTE, Marcel, dir., Nicole DORION, Richard FISET et Paul-Gaston L'ANGLAIS. Le Site du palais de l'intendant à Québec : travaux divers en archéologie. Cahiers du CÉLAT, Hors série, 5. Sainte-Foy, CÉLAT, 1991. 267 p.