Laboratoire d'archéologie du Québec
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LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-110 > Opération 16 > Sous-opération D > Lot 45 > Numéro de catalogue 19

Contexte(s) archéologique(s)

Fosse
Remblai

Région administrative

Capitale-Nationale

MRC

Québec

Municipalité

Québec

Fonction du site

militaire
domestique
maritime
entreposage

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La balle de grappe de raisin a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car d'après le contexte de sa découverte, ce projectile est un témoin du siège de Québec de 1759. Elle a aussi été choisie parce qu'elle fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La balle de grappe de raisin en fonte est moulée en coquilles avant 1759, probablement en Angleterre. Le moulage en coquilles se fait au moyen de deux parties semblables qui présentent chacune l'empreinte en négatif d'une demi-sphère. Une fois les coquilles réunies l'une à l'autre, du métal liquide est coulé par une ouverture pratiquée à leur sommet. Ce procédé permet de couler simultanément quelques boulets de petit calibre ou un seul de gros calibre. Les deux moitiés de cette balle sont d'ailleurs mal ajustées, lui donnant une allure semi-sphérique.

Les balles de grappe de raisin sont des projectiles utilisés dans des pièces d'artillerie de divers calibres du XVIIe au XIXe siècle. D'après ses dimensions et son matériau, celle-ci est une munition utilisée dans un canon de six livres, un calibre exclusivement utilisé par l'armée britannique. Quelques balles de même dimension sont empilées sur un plateau en fer ou en bois, sont enduites de goudron, recouvertes d'une toile, et ficelées afin de conserver un diamètre correspondant au calibre du canon. Les grappes sont insérées par la bouche de la pièce d'artillerie et sont expulsées grâce à la charge placée sous le plateau. Une fois le coup tiré, la toile brûle et les balles se dispersent. Ces balles sont utilisées lors de combats navals afin de briser mâture et voilure, mais également comme munition antipersonnel. D'après le contexte de sa découverte, la balle est liée à la Conquête et au siège de Québec de 1759. Elle a probablement été tirée sur les artilleurs français servant les canons de la batterie Dauphine depuis un navire britannique patrouillant sur le fleuve.

La balle de grappe de raisin a été mise au jour en 1995 sur le site de l'îlot Hunt, situé dans l'arrondissement historique de Place-Royale, à Québec. Le boulet a été mis au jour en 1992 sur le site archéologique de l'îlot Hunt, dans l'arrondissement historique de Place-Royale, à Québec. L'îlot Hunt est composé de deux concessions octroyées en 1687. La batterie Dauphine, un quai fortifié érigé sur celui du riche marchand Aubert de La Chesnaye, y est construite entre 1707 et 1709, le long du fleuve. En 1725, Jean Maillou (1668-1753) fait bâtir une maison le long de la rue Saint-Pierre, qui sera endommagée par les bombardements de 1759. Par la suite, peu avant 1752, une seconde batterie est construite le long de la rive. Ces deux batteries combinées uniformisent l'apparence du port et renforcent clairement le caractère défensif de ces ouvrages riverains. La batterie était en usage lors du siège de 1759 et a ensuite été démolie quelques années après la guerre.

Un grand entrepôt de pierre s'ajoute à l'îlot en 1822 ainsi qu'un grand quai de bois, qui prend le nom de « quai Hunt » après 1825, alors qu'il devient la propriété de Thomas Hunt. En 1880, l'îlot compte plusieurs entrepôts et bureaux commerciaux, puis il est progressivement délaissé vers la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Un secteur de l'îlot Hunt devient un stationnement vers 1960. L'auberge Saint-Antoine y est construite en 1990 par la famille Price et met en valeur la collection archéologique retrouvée sur les lieux.

La balle a été retrouvée lors de l'enlèvement d'une berme laissée lors de la fouille d'une fosse datée du milieu du XIXe siècle. Cette fosse a été creusée dans le remblai déposé devant la première batterie Dauphine. La balle a été restaurée en 1996 dans les laboratoires de l'Université Laval. Elle est actuellement en prêt à l'Auberge Saint-Antoine et fait partie de l'exposition du bar Artefact.

RÉFÉRENCES

BOUCHARD, Pierre. Étude socio-économique des habitants de l'îlot Hunt d'après la collection archéologique, 1850-1900 : Cinquième campagne de fouilles archéologiques. Cahiers d'archéologie du CÉLAT, 7. Québec, CÉLAT/Ville de Québec, 2000. 130 p.
L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.