Laboratoire d'archéologie du Québec
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Balle de grappe de raisin. Vue générale 1/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Balle de grappe de raisin. Vue générale 2/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Balle de grappe de raisin. Vue générale 3/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-748 > Opération 2 > Sous-opération A > Lot 20 > Numéro de catalogue 5

Contexte(s) archéologique(s)

Indéterminé

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La balle de grappe de raisin a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car d'après le contexte de sa découverte, ce projectile est un témoin du système défensif de la ville de Québec sous le Régime britannique (1760-1867). Elle a aussi été choisie parce qu'elle fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

probablement en Angleterre. Le moulage en coquilles se fait au moyen de deux parties semblables qui présentent chacune l'empreinte en négatif d'une demi-sphère. Une fois les coquilles réunies l'une à l'autre, du métal liquide est coulé par une ouverture pratiquée à leur sommet. Ce procédé permet de couler simultanément quelques boulets de petit calibre ou un seul de gros calibre.

Les balles de grappe de raisin sont des projectiles utilisés dans des pièces d'artillerie de divers calibres du XVIIe au XIXe siècle. D'après ses dimensions et son matériau, celle-ci est une munition utilisée dans un canon de 12 livres. Quelques balles de même dimension sont empilées sur un plateau en fer ou en bois, sont enduites de goudron, recouvertes d'une toile, et ficelées afin de conserver un diamètre correspondant au calibre du canon. Les grappes sont insérées par la bouche de la pièce d'artillerie et sont expulsées grâce à la charge placée sous le plateau. Une fois le coup tiré, la toile brûle et les balles se dispersent. Ces balles sont utilisées lors de combats navals afin de briser mâture et voilure, mais également comme munition antipersonnel. Toutefois, il n'est pas impossible qu'elle soit plutôt utilisée pour la défense de la ville sous le Régime britannique (1760-1867). En effet, le secteur de sa découverte est situé non loin du logis des officiers et de l'hôpital militaire de la rue Saint-Louis. La balle étant seule, elle se serait détachée de sa grappe et se serait retrouvée sur place pour une raison ou une autre. Dans tous les cas, il s'agit d'un projectile britannique qui daterait entre 1811 et 1830.

La balle de grappe de raisin a été mise au jour en 1995 sur le site archéologique de l'îlot Mont-Carmel, à Québec. L'îlot Mont-Carmel se trouve dans le quartier Saint-Louis, lequel se développe durant la première moitié du XVIIe siècle dans le secteur sud de la Haute-Ville de Québec. À l'époque, cette partie de la ville abrite l'élite de la société qui gravite autour du château Saint-Louis. On y trouve certains membres de la noblesse, les officiers du roi, les hauts fonctionnaires, les administrations civiles et les communautés religieuses de la Nouvelle-France. La propriété des Ursulines et celles de la Couronne y occupent beaucoup d'espace, ce qui limite quelque peu le développement civil du quartier. Le site de l'îlot Mont-Carmel est situé au pied du cavalier du Moulin, un ouvrage défensif daté de 1690 qui tombe en désuétude au moment où l'on abandonne la deuxième ligne de fortifications françaises pour la reconstruire plus à l'ouest, à son emplacement actuel. Après la Conquête, le quartier conserve sa fonction militaire prédominante qui limite son développement domestique. À partir du second quart du XVIIIe siècle, l'essor démographique de la ville mène les communautés religieuses à lotir leur terrain. C'est à partir de cette période que de nombreuses habitations sont construites sur la rue Saint-Louis et que débute la construction domiciliaire à l'îlot Mont-Carmel.

RÉFÉRENCES

CLOUTIER, Céline. Interventions archéologiques Îlot Mont-Carmel. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ville de Québec, 1996. 38 p.
L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.