Laboratoire d'archéologie du Québec
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Balle de grappe de raisin. Vue générale 1/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Balle de grappe de raisin. Vue générale 2/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Balle de grappe de raisin. Vue générale 3/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-110 > Opération 18 > Sous-opération A > Lot 66 > Numéro de catalogue 2024

Contexte(s) archéologique(s)

Remblai

Région administrative

Capitale-Nationale

MRC

Québec

Municipalité

Québec

Fonction du site

militaire
domestique
maritime
entreposage

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La balle de grappe de raisin a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car ce projectile est un témoin du système défensif de la ville de Québec sous le Régime français (1534-1760). Elle a aussi été choisie parce qu'elle fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La balle de grappe de raisin en plomb est fabriquée dans un moule en coquilles durant la première moitié du XVIIIe siècle, probablement en France. Le moulage en coquilles se fait au moyen de deux parties semblables en métal ferreux qui présentent chacune l'empreinte en négatif d'une demi-sphère; une fois les coquilles réunies l'une à l'autre, du métal liquide est coulé par une ouverture pratiquée à leur sommet. Ce procédé permet de couler simultanément quelques boulets de petit calibre ou un seul de gros calibre.

Les balles de grappe de raisin sont des projectiles utilisés dans des pièces d'artillerie de divers calibres du XVIIe au XIXe siècle. Celle-ci est une munition utilisée dans un canon de quatre livres. Plusieurs balles de même dimension sont empilées sur un plateau en fer ou en bois, sont enduites de goudron, recouvertes d'une toile, et ficelées afin de conserver une forme correspondant au calibre du canon. Les grappes sont insérées par la bouche de la pièce d'artillerie et sont expulsées grâce à la charge placée sous le plateau. Une fois le coup tiré, la toile brûle et les balles se dispersent. Ces balles sont utilisées lors de combats navals afin de briser mâture et voilure, mais également comme munition antipersonnel. D'après le lieu de sa découverte, la balle aurait été entreposée, jetée ou perdue par l'armée française vers 1750 dans le secteur de la batterie Dauphine.

La balle de grappe de raisin a été mise au jour en 2001 sur le site de l'îlot Hunt, dans l'arrondissement historique de Place-Royale, à Québec. Le boulet a été mis au jour en 1992 sur le site archéologique de l'îlot Hunt, dans l'arrondissement historique de Place-Royale, à Québec. L'îlot Hunt est composé de deux concessions octroyées en 1687. La batterie Dauphine, un quai fortifié érigé sur celui du riche marchand Aubert de La Chesnaye, y est construite entre 1707 et 1709, le long du fleuve. En 1725, Jean Maillou (1668-1753) fait bâtir une maison le long de la rue Saint-Pierre, qui sera endommagée par les bombardements de 1759. Par la suite, peu avant 1752, une seconde batterie est construite le long de la rive. Ces deux batteries combinées uniformisent l'apparence du port et renforcent clairement le caractère défensif de ces ouvrages riverains. La batterie était en usage lors du siège de 1759 et a ensuite été démolie quelques années après la guerre.

Un grand entrepôt de pierre s'ajoute à l'îlot en 1822 ainsi qu'un grand quai de bois, qui prend le nom de « quai Hunt » après 1825, alors qu'il devient la propriété de Thomas Hunt. En 1880, l'îlot compte plusieurs entrepôts et bureaux commerciaux, puis il est progressivement délaissé vers la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Un secteur de l'îlot Hunt devient un stationnement vers 1960. L'auberge Saint-Antoine y est construite en 1990 par la famille Price et met en valeur la collection archéologique retrouvée sur les lieux.

La balle a été découverte dans un niveau associé à la mise en place d'une surface en bois, vers 1750, dans le secteur à l'arrière de la batterie Dauphine. Sa présence pourrait s'expliquer par l'usage ou l'entreposage de ce type de munitions sur place. Cependant, il serait difficile d'expliquer sa présence à cet endroit s'il s'agit bien d'un projectile destiné aux canons d'un calibre de quatre livres, puisque cette batterie ne comptait pas de canons de ce petit calibre. La balle a donc été perdue, jetée ou oubliée à cet endroit vers 1750. La balle a été restaurée en 2002 dans les laboratoires de l'Université Laval, puis a été restaurée à nouveau en 2023 au Centre de conservation du Québec (CCQ) afin de traiter une reprise de corrosion. La balle de grappe de raisin fait aujourd'hui partie de l'exposition dans le bar Artefact à l'auberge Saint-Antoine.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.
SIMONEAU, Daniel. L’Îlot Hunt : vingt ans de recherches archéologiques. Cahiers d'archéologie du CÉLAT. Québec, CÉLAT, 2008. 475 p.