Laboratoire d'archéologie du Québec
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Projectile. Vue générale 1/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Projectile. Vue générale 2/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Projectile. Vue générale 3/3Image
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-30 > Opération 35 > Sous-opération A > Lot 6 > Numéro de catalogue 1

Contexte(s) archéologique(s)

Démolition
Incendie

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le projectile d'artillerie a été sélectionné pour la collection archéologique du Québec, car il fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec. S'il s'agit d'une balle de grappe de raisin, ce projectile est vraisemblablement un témoin des affrontements entre Américains et Britanniques lors du siège de 1775-1776. Toutefois, le secteur ayant été perturbé au XXe siècle, il est possible qu'il s'agisse d'un boulet de pierrier plus ancien. Dans un tel cas, il s'agirait probablement d'un projectile français entreposé sur place au XVIIIe siècle et il serait donc un témoin du système défensif de Québec sous le Régime français.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le projectile d'artillerie en fonte est moulé en coquilles au XVIIIe siècle, probablement en Angleterre. Le moulage en coquilles se fait au moyen de deux parties ou coquilles semblables en métal qui présentent chacune l'empreinte en négatif d'une demi-sphère. Une fois les coquilles réunies l'une à l'autre, du métal liquide est coulé par une ouverture pratiquée à leur sommet. Ce procédé permet de couler simultanément quelques boulets de petit calibre ou un seul de gros calibre.

Ces dimensions indiquent qu'il pourrait s'agir soit d'une balle de grappe de raisin devant être utilisée avec un canon d'un calibre de 12 livres, soit d'un petit boulet de pierrier d'une livre. Les balles de grappe de raisin sont des projectiles utilisés dans des pièces d'artillerie de divers calibres du XVIIe au XIXe siècle. Quelques balles de même dimension sont empilées sur un plateau en fer ou en bois, enduites de goudron, recouvertes d'une toile, et ficelées afin de conserver une forme correspondant au calibre du canon. Une fois le coup tiré, la toile brûle et les balles se dispersent. Ces balles sont utilisées lors de combats navals afin de briser mâture et voilure, mais également comme munition antipersonnel. Les pierriers, aussi appelés « swivel guns », sont des petits canons de marine montés sur émerillon utilisés du XVIIe au XIXe siècle. Les pierriers français sont chargés par la culasse, alors que les « swivel guns » britanniques sont chargés par la bouche. S'il s'agit d'une balle de grappe de raisin, d'après le contexte de sa découverte, le projectile aurait été tiré lors des affrontements entre les soldats américains et britanniques lors du siège de Québec de 1775-1776.

Il a été mis au jour en 2000 sur le site archéologique de l'îlot des Palais, à Québec. Le palais de l'intendant est aménagé à partir de la brasserie du premier intendant de la colonie, Jean Talon (1626-1694), qui était en poste de 1669 à 1675. À partir de 1687, le palais est agrandi vers l'est afin d'accueillir la salle du Conseil supérieur, des prisons et des cachots, et afin d'offrir un espace pour entreposer les marchandises du Roi. Des latrines extérieures sont ajoutées sur les façades avant et arrière. La portion ancienne de l'édifice est réservée à l'intendant, à sa famille et à leurs domestiques, qui l'occupent des caves aux combles. Par la suite, une grande boulangerie est érigée perpendiculairement au palais, face à sa portion centrale. Le palais est détruit lors d'un incendie, en janvier 1713, lequel épargne cependant la boulangerie.

En 1716, un nouvel édifice est érigé sur les fondations, les caves et les anciens cachots du premier palais et sert d'entrepôts pour les marchandises du roi ainsi que de boulangerie. Les magasins du roi servent à entreposer les marchandises et les vivres destinés à l'armée, à la milice et aux postes et avant-postes de la colonie. Ces bâtiments sont détruits par un incendie en mai 1760, lors de la contre-attaque de l'armée française contre les troupes britanniques installées à Québec, lesquelles incendient accidentellement le quartier.

En 1820, l'armée procède au lotissement des terrains longeant la rue Saint-Vallier. Le milieu du XIXe siècle marque le retour de l'activité industrielle. Une fonderie s'y installe en 1846, puis une brasserie en 1852. La brasserie Boswell, qui acquiert par la suite la plupart des terrains, est rachetée pour devenir la Dow Limited et connait une fin abrupte en 1968. Une partie des installations est démantelée peu après.

Il a été découvert dans une couche liée à la destruction de la section est du bâtiment de la potasse. Cet édifice est endommagé en 1775, puis ses ruines sont démolies vers 1820-1830. Ce sont toutefois des contextes perturbés lors de travaux effectués au XXe siècle. Il pourrait donc s'agir d'un boulet de pierrier français entreposé sur place au XVIIIe siècle. Le projectile a été restauré en 2000 dans les laboratoires de l'Université Laval.

RÉFÉRENCES

DIONNE, Marie-Michelle, Désirée-Emmanuelle DUCHAINE et Richard LAPOINTE. « Site du palais de l'intendant : chantier-école de l'an 2000 ». Cahiers d'archéologie du CELAT. No no 9 (2001), s.p.
L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.