Laboratoire d'archéologie du Québec
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PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-30 > Opération 26 > Sous-opération C > Lot 13 > Numéro de catalogue 2

Contexte(s) archéologique(s)

Remblai

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le boulet de canon a été sélectionné pour la collection archéologique du Québec, car le lieu de sa découverte suggère qu'il est probablement un témoin du siège de Québec de 1759. Il pourrait ainsi avoir été tiré depuis une galiote à bombe britannique naviguant sur la rivière Saint-Charles. Il n'est pas impossible que ce boulet soit plutôt un témoin du siège par les troupes américaines en 1775-1776. Le boulet a également été choisi parce qu'il fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le boulet de canon en fonte est moulé en châssis et en sable possiblement avant 1759 en Angleterre. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse, qui est remplie par la fonte.

Le boulet de canon de 12 livres est un projectile d'artillerie de forme sphérique qui doit être propulsé par un canon du même calibre. Ce calibre est utilisé par les armées françaises et britanniques aux XVIIIe et XIXe siècles. D'après le contexte de sa découverte, le boulet pourrait être propulsé par une galiote à bombe britannique naviguant sur le fleuve devant l'embouchure de la rivière Saint-Charles lors du siège de Québec de 1759. Il pourrait également s'agir d'une munition d'artillerie ayant servi lors de l'invasion et du siège américain de 1775-1776.

Le boulet de canon a été mis au jour en 1987 sur le site archéologique de l'Îlot des Palais, situé dans la basse-ville de Québec. Le palais de l'intendant est aménagé à partir de 1684 dans l'ancienne brasserie abandonnée de l'intendant Jean Talon (1626-1694), qui fut en activité de 1669 à 1675. Le bâtiment est agrandi vers l'est à partir de 1687 afin d'accueillir la salle du Conseil supérieur ainsi que des prisons et des cachots, et d'offrir un espace pour entreposer les marchandises du roi. Des latrines extérieures sont aussi ajoutées sur les façades avant et arrière. La portion ancienne de l'édifice est réservée à l'intendant, à sa famille et à leurs domestiques, qui l'occupent des caves aux combles. Par la suite, une grande boulangerie est érigée perpendiculairement au palais, face à sa portion centrale. Le palais est détruit lors d'un incendie, en janvier 1713, lequel épargne cependant la boulangerie.

En 1716, un nouvel édifice est érigé sur les fondations, les caves et les anciens cachots du premier palais et sert d'entrepôts pour les marchandises du roi ainsi que de boulangerie. Les magasins du roi servent à entreposer les marchandises et les vivres destinés à l'armée, à la milice et aux postes et avant-postes de la colonie. Ces bâtiments sont détruits par un incendie en mai 1760, lors de la contre-attaque de l'armée française contre les troupes britanniques installées à Québec, lesquelles incendient accidentellement le quartier.

En 1820, l'armée procède au lotissement des terrains longeant la rue Saint-Vallier. Le milieu du XIXe siècle marque le retour de l'activité industrielle. Une fonderie s'y installe en 1846, puis une brasserie en 1852. La brasserie Boswell, qui acquiert par la suite la plupart des terrains, est rachetée pour devenir la Dow Limited. Devenue la Dow Limited, elle connait une fin abrupte en 1968. Une partie des installations est démantelée peu après.

Le boulet a été découvert dans un niveau de remblai daté du Régime britannique (1760-1867). Il recouvre partiellement un niveau de remblai associé au déblaiement des ruines longeant la rue Saint-Vallier après les bombardements survenus lors de la Conquête. Compte tenu du fait que d'autres boulets et surtout des bombes britanniques éclatées ont été découverts non loin dans des niveaux liés au siège de 1759, il est probable que ce boulet soit lui aussi un témoin de ce siège. Il est aussi possible que ce boulet ait été tiré par les Américains depuis la batterie de la Canardière en 1776.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.
MOUSSETTE, Marcel, dir., Nicole DORION, Richard FISET et Paul-Gaston L'ANGLAIS. Le Site du palais de l'intendant à Québec : travaux divers en archéologie. Cahiers du CÉLAT, Hors série, 5. Sainte-Foy, CÉLAT, 1991. 267 p.