Laboratoire d'archéologie du Québec
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Boulet de canon. Vue générale 1/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Boulet de canon. Vue générale 2/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Boulet de canon. Vue générale 3/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-371 > Opération 1 > Sous-opération A > Lot 3 > Numéro de catalogue 1

Contexte(s) archéologique(s)

Indéterminé

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le boulet a été sélectionné pour la collection archéologique du Québec, car il pourrait s'agir d'un boulet français lié à la défense de Québec, ou bien d'un boulet lié à l'un des sièges de 1759 ou de 1775-1776. Il a également été choisi parce qu'il fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le boulet de canon en fonte est moulé en châssis et en sable avant 1775 en Europe, possiblement en Angleterre. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse, qui est remplie par la fonte.

Le boulet de canon de 12 livres est un projectile d'artillerie de forme sphérique qui doit être propulsé par un canon du même calibre. Il s'agit d'un calibre utilisé par les Français et les Britanniques aux XVIIIe et XIXe siècles. Plusieurs batteries françaises comprenant des pièces de ce calibre sont positionnées entre l'embouchure de la rivière Saint-Charles et la rivière Beauport au XVIIIe siècle, notamment aux fortifications de 1693 et aux redoutes Dauphine et Royale. Il pourrait aussi s'agir d'un boulet britannique lié au siège de 1759 et tiré depuis Lévis, bien que cela semble invraisemblable compte tenu de la distance entre ces batteries de canons et la rue Elgin. Il est plus probable que ce boulet soit un témoin du siège de 1775-1776 par les Américains, le secteur où il a été découvert se trouvant effectivement dans les axes de tirs de leurs canons mis en batterie non loin, devant les fortifications.

Le boulet de canon a été mis au jour en 1985 sur un site archéologique situé sur la rue Elgin, à Québec. Le boulet a été découvert lors de la surveillance archéologique de travaux faits au numéro 4 de la rue Elgin. La couche dans laquelle il se trouvait est interprétée comme étant un dépôt de sol fait durant la première moitié du XIXe siècle au plus tôt en raison de la présence d'un plat de terre cuite fine blanche portant la marque « WEDGEWOOD » daté d'environ 1840. Il pourrait également s'agir d'une couche remaniée ou d'un remblai constitué de terres rapportées d'un autre endroit. D'après l'endroit de sa découverte, le boulet serait probablement un témoin du siège de 1775-1776 par les Américains. Il aurait été tiré par les assiégeants depuis le faubourg Saint-Jean ou la campagne non loin où ils avaient installé en batteries des pièces d'artillerie de différents calibres, puisque le secteur de la rue Elgin se trouve effectivement dans leurs axes de tirs. Le boulet a été restauré dans les laboratoires de l'Université Laval en 1987.

RÉFÉRENCES

CROTEAU, Jean et Yves TREMBLAY. Surveillance archéologique dans le Vieux-Québec, 1985. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Hydro-Québec, 1987. 165 p.
L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.