Laboratoire d'archéologie du Québec
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Boulet de canon. Vue générale 1/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Boulet de canon. Vue générale 2/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Boulet de canon. Vue générale 3/3Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-150 > Sous-opération 13A > Numéro de catalogue 76

Contexte(s) archéologique(s)

Indéterminé

Région administrative

Capitale-Nationale

MRC

Québec

Municipalité

Québec

Fonction du site

domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le boulet de canon a été sélectionné pour la collection archéologique du Québec, car il fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec. Il a également été choisi parce que, d'après le lieu de sa découverte, il s'agit d'un témoin du siège de Québec de 1759.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le boulet de canon en fonte est moulé en châssis et en sable avant 1759 en Angleterre. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse, qui est remplie par la fonte.

Le boulet de canon de 24 livres est un projectile d'artillerie de forme sphérique qui doit être propulsé par un canon du même calibre. Ce calibre est utilisé par les armées françaises et britanniques aux XVIIIe et XIXe siècles. Cependant, la présence de la marque moulée en creux « Broad Arrow » du « Board of Ordnance » confirme son origine britannique. D'après le contexte de sa découverte, le boulet a vraisemblablement été propulsé par une galiote à bombe britannique naviguant sur le fleuve devant l'embouchure de la rivière Saint-Charles, lors du siège de Québec de 1759.

Le boulet de canon a été mis au jour entre 1987 et 1988 sur le site archéologique de l'îlot Saint-Nicolas, situé dans la ville de Québec. Les premiers lots le long de la rue Saint-Nicolas sont cédés en 1692 par les Ursulines et les Jésuites. Jusqu'en 1739, la rue est principalement occupée par des artisans en tout genre. C'est alors que débutent les activités du chantier naval royal à proximité, alors que l'îlot Saint-Nicolas accueille des maisons et des activités tributaires du chantier. En 1743, l'intendant Hocquart fait démolir plusieurs maisons dans le secteur du chantier afin d'agrandir les quais. Le déménagement du chantier naval ne change pas beaucoup la nature des activités du faubourg Saint-Nicolas, qui héberge toujours des charpentiers, des artisans et des travailleurs du chantier au Cul-de-Sac. Au tournant du XIXe siècle, le chantier est restreint avec la construction de plusieurs maisons jusqu'en 1821. Les bâtiments de l'îlot Saint-Nicolas sont incendiés en 1843 et 1845. Dans la seconde moitié du XIXe, le quartier prend une vocation commerciale, sans doute grâce à la proximité du port, du marché et de la gare.

Le boulet a été découvert hors contexte. Le boulet est identifié comme provenant d'un sondage dans le coin nord-est du sous-sol des bâtiments situés au 18-20, rue Saint-Nicolas. Il ne pourrait pas s'agir d'une munition d'artillerie ayant servi lors de l'invasion et du siège américain de 1775-1776, puisqu'aucun tir n'a visé le secteur du chantier naval de l'îlot lors de ce conflit. Or, dans le rapport, des boulets ne sont mentionnés que dans la sous-opération 10A, un sondage archéologique effectué dans le coin nord-est du mur de refend séparant le sous-sol des 24-26 rue Saint-Nicolas. Le rapport indique que ces boulets sont hors contexte et qu'ils ont été découverts lors de travaux de surveillance archéologique de travaux d'excavation. Le boulet a été restauré dans les laboratoires de l'Université Laval en 1989.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.
TREMBLAY, Katherine et François VÉRONNEAU. Rapport de fouille et de surveillance archéologique, l'îlot Saint-Nicolas, Québec. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Laurent Gagnon inc., 1988. 34 p.