Laboratoire d'archéologie du Québec
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Boulet de canon. Vue généraleImage
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-110 > Opération 9 > Sous-opération A > Lot 4 > Numéro de catalogue 1

Contexte(s) archéologique(s)

Remblai

Région administrative

Capitale-Nationale

MRC

Québec

Municipalité

Québec

Fonction du site

militaire
domestique
maritime
entreposage

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le boulet de calibre 18 a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il s'agit d'un témoin du siège de la ville de Québec de 1759. Ce boulet aurait été tiré par des canons britanniques montés en batterie à Lévis. Il a également été choisi parce que ce boulet fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le boulet de canon en fonte de 18 livres est fabriqué avant 1759 en Angleterre. Le boulet est moulé en châssis et en sable. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse, qui est remplie par la fonte.

Le boulet de 18 livres est un projectile d'artillerie devant être propulsé par un canon du même calibre. Bien que le boulet ne pèse que 15,4 livres, son diamètre concorde avec celui des boulets de 18 livres. Il s'agit d'un calibre utilisé autant par l'armée française que l'armée britannique aux XVIIIe et XIXe siècles. Cependant, ce boulet porte la marque du « Broad Arrow » du « Board of Ordnance » britannique, une flèche moulée en creux près de la trace du chemin de coulée. Jumelée au contexte de sa découverte, la présence de cette marque indique que cette munition est tirée pas des canons britanniques montés en batterie à Lévis lors du siège de Québec de 1759.

Le boulet a été mis au jour en 1992 sur le site archéologique de l'îlot Hunt, dans l'arrondissement historique de Place-Royale, à Québec. L'îlot Hunt est composé de deux concessions octroyées en 1687. La batterie Dauphine, un quai fortifié érigé sur celui du riche marchand Aubert de La Chesnaye, y est construite entre 1707 et 1709, le long du fleuve. En 1725, Jean Maillou (1668-1753) fait bâtir une maison le long de la rue Saint-Pierre, qui sera endommagée par les bombardements de 1759. Par la suite, peu avant 1752, une seconde batterie est construite le long de la rive. Ces deux batteries combinées uniformisent l'apparence du port et renforcent clairement le caractère défensif de ces ouvrages riverains. La batterie était en usage lors du siège de 1759 et a ensuite été démolie quelques années après la guerre.

Un grand entrepôt de pierre s'ajoute à l'îlot en 1822 ainsi qu'un grand quai de bois, qui prend le nom de « quai Hunt » après 1825, alors qu'il devient la propriété de Thomas Hunt. En 1880, l'îlot compte plusieurs entrepôts et bureaux commerciaux, puis il est progressivement délaissé vers la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Un secteur de l'îlot Hunt devient un stationnement vers 1960. L'auberge Saint-Antoine y est construite en 1990 par la famille Price et met en valeur la collection archéologique retrouvée sur les lieux. Un des stationnements devient la place des Canotiers en 2017 et l'autre, où ont eu lieu les fouilles, appartient à l'Auberge Saint-Antoine.

Le boulet a été découvert à l'arrière de la première batterie Dauphine dans un niveau de remblais et de couches d'accumulation déposés entre 1750 et 1770 environ. Étant donné la présence de la marque « Broad Arrow » sur ce boulet et le fait qu'il a été trouvé en association avec d'autres projectiles britanniques, dont certains étaient éclatés, ce boulet semble un témoin du siège de 1759. Il a été tiré par les canons britanniques montés en batterie à Lévis. La présence de ce boulet et des autres avec lequel il a été découvert dans des niveaux d'accumulation à priori plus anciens s'explique par la faible compacité des sédiments à cet endroit et par la vélocité des projectiles lors de leur entrée dans le sol. Le boulet a été restauré en 1992 dans les locaux du laboratoire de restauration de l'Université Laval.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. La collection de projectiles d’artillerie du site du patrimoine mondial de Québec : pour la défense et pour l’attaque. Document non publié, Ville de Québec, Aménagement et développement urbain, Division de l'architecture et du patrimoine, 2022. 233 p.
MOUSSETTE, Marcel, dir., Catherine FORTIN et Paul-Gaston L'ANGLAIS. Le Site de l’îlot Hunt. Rapport de la deuxième campagne de fouilles (1992). Cahiers d'archéologie du CÉLAT, 2. Québec, CÉLAT, 1998. 189 p.