Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouton militaire. Face avantImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouton militaire. Face arrièreImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-80 > Opération 13 > Sous-opération C > Lot 7 > Numéro de catalogue 14

Contexte(s) archéologique(s)

Latrines
Religieux

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le bouton militaire a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il a été retrouvé sur le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec. Il a également été choisi parce qu'il témoigne de la présence du Royal Canadian Volunteer Regiment à Québec entre 1793 et 1803.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le bouton militaire en alliage cuivreux est moulé entre 1793 et 1803, possiblement à Londres, en Angleterre. Cet objet est lié à l'habillement et sert à attacher les différentes parties d'un vêtement. Le bouton militaire sert également à l'apparat ou à l'identification du statut ou de la fonction. Une inscription moulée au dos du bouton, bien qu'obscurcie par la corrosion, pourrait identifier son fabricant, la compagnie Nutting. Cette compagnie anglaise produit des boutons militaires de 1800 à 1865.

Pour leur part, les inscriptions moulées en relief sur la face supérieure du bouton indiquent qu'il fait partie du costume d'un corps militaire en fonction à Québec de 1793 à 1803, le Royal Canadian Volunteer Regiment. En 1793, alors que la tension monte entre le Canada et les États-Unis, le gouvernement canadien décide de recruter des régiments en Amérique du Nord britannique afin d'aider à la défense des colonies de l'Atlantique. Au Bas-Canada, Lord Dorchester (1724-1808) fonde le Royal Canadian Volunteer Regiment. Le 1er bataillon, stationné à Québec, est composé de recrues canadiennes-françaises. Il est commandé par le lieutenant-colonel Joseph Dominique Le Moyne, Baron de Longueil (1738-1807). Le 2e bataillon, commandé par le lieutenant-colonel John McDonnell, est recruté parmi les volontaires canadiens-anglais du Bas-Canada et est affecté à Montréal. En 1799, après avoir constaté un taux élevé de désertion à l'intérieur des deux bataillons, le gouvernement britannique décide de dissoudre le Royal Canadian Volunteer Regiment dès 1803.

Le bouton militaire est mis au jour entre 2013 et 2014 sur le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec, à Québec. Marie-Madeleine de Vignerot du Pont-de-Courlay, marquise de Combalet, future duchesse d'Aiguillon et nièce du cardinal de Richelieu, acquiert une concession initiale de douze arpents dans la Haute-Ville de Québec pour y établir un hôpital géré par la communauté des Augustines de Dieppe. Trois jeunes femmes françaises débarquent à Québec le 1er août 1639 et fondent L'Hôtel-Dieu de Québec, qui devient alors le premier hôpital en Amérique situé au nord du Mexique. Les Augustines jettent ainsi les bases du système de santé actuel au Québec. Depuis lors, plusieurs bâtiments sont ajoutés, formant ainsi un important complexe hospitalier et monastique, et ce, malgré un important incendie qui frappe le complexe le 7 juin 1755. Le monastère est également réquisitionné par les soldats britanniques durant la Conquête. Ces derniers occupent les lieux de 1759 à 1784, y laissant plusieurs traces matérielles. En 1955-1956, le site voit la construction d'un hôpital moderne qui est ensuite intégré au Centre hospitalier de Québec en 1995.

L'objet a été retrouvé dans des sols associés à des latrines mises en place lors de la construction du monastère en 1695 et en fonction jusqu'au raccordement au réseau d'aqueduc municipal en 1856.

RÉFÉRENCES

Artefactuel. Le Monastère se dévoile: Interventions archéologiques 2013-2015 au site du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec (CeEt-80). Rapport de recherche archéologique [document inédit], Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, 2016. 812 p.
Ethnoscop inc. Lieu de mémoire habité des Augustines (CeEt-80). Étude de potentiel et inventaire archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, 2016. 104 p.