Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouteille d'apothicaire. Vue généraleImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'apothicaire. Côté AImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'apothicaire. FaceImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'apothicaire. Côté BImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'apothicaire. DessusImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'apothicaire. DessousImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'apothicaire. Détail de l'inscription «DESCHIENS»Image
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BjFj-008 > Opération 8 > Sous-opération A > Lot 1 > Numéro de catalogue 41

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille d'apothicaire a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle témoigne de la variété des bouteilles pharmaceutiques disponibles sur le marché au tournant du XXe siècle. Cette bouteille illustre également, par sa fabrication au moule en deux parties, les avancées technologiques effectuées en matière de fabrication des contenants en verre au début du XXe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille d'apothicaire en verre transparent de couleur bleue est fabriquée en France au début du XXe siècle. Elle est soufflée dans un moule en deux parties avec base séparée. Les inscriptions moulées en relief sur le corps identifient la compagnie produisant ce produit, la pharmacie Deschiens. Cependant, le pan sur lequel se trouverait la mention du produit est cassé.

Le pharmacien Victor Deschiens (1849-1930) est reconnu pour son vin d'hémoglobine. Il met au point un procédé d'extraction de l'hémoglobine à l'hôpital Cochin en 1885, marquant l'histoire de la production de médicaments à base de sang et de viande, qui sont très en vogue durant presque un siècle. Le sang est défibriné, puis les globules sont séparés du sérum, garantissant une pureté au produit en rompant les globules rouges par l'action simultanée de l'éther, de l'alcool, du vide et du froid. Il commercialise son produit d'abord auprès de la Société de produits pharmaceutiques Adrian, qui fabrique à Courbevoie le vin d'hémoglobine jusqu'en 1905. Deschiens s'affranchit des produits Adrian en 1906 pour fonder sa propre société à Romainville, qui est gérée par son fils aîné Edmond (1880-1957). La Société Deschiens devient vite connue dans le domaine et son usine fabrique de l'hémoglobine sous plusieurs formes, en sirop, en élixir, en granules, en dragées, ainsi que de l'holosther (extrait osseux opothérapique). Son usine produit 30 000 kg d'hémoglobine annuellement, dont la moitié est envoyée à l'étranger. Peu après la Deuxième Guerre mondiale, l'utilisation de dérivés du sang thérapeutique est graduellement abandonnée. Cependant, quelques produits demeurent commercialisés en France jusqu'en 1991.

La bouteille d'apothicaire est mise au jour en 2012 sur le parc archéologique de la Baronnie de Longueuil, dans un contexte associé à la première église. Ce site, circonscrit par le chemin de Chambly, la rue Saint-Charles Est, la rue Bord de l'Eau et la rue Saint-Antoine, porte les traces de l'histoire de l'établissement de Longueuil et remonte à plus de 2 000 ans. L'occupation européenne débute en 1657, avec la concession de la première partie de la seigneurie à Charles Le Moyne (1626-1685). Vers 1695, son fils homonyme (1656-1729) et futur baron fait construire un fort en pierre afin de protéger ses censitaires des attaques iroquoises qui font rage durant la seconde moitié du XVIIe siècle. Plusieurs bâtiments se trouvent à l'intérieur des murs, tels qu'une maison, une chapelle, une écurie, une laiterie, un corps de garde, une bergerie, une étable et une grange. Le château est occupé par des troupes américaines durant la guerre d'Indépendance en 1776. Abandonné par la suite, le château est détruit en 1810. En plus des vestiges du château, ce site comprend ceux d'un moulin à vent, de la première église de Longueuil et son cimetière, d'un moulin à eau, d'un four à chaux, d'une caserne de pompier et de plusieurs habitations. En tout, ce sont sept fouilles archéologiques qui sont effectuées sur ce site.

RÉFÉRENCES

JONES, Olive R. et Catherine SULLIVAN. Glossaire du verre de Parcs Canada décrivant les contenants, la verrerie de table, les dispositifs de fermeture et le verre plat. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, Parcs Canada, Environnement Canada, 1985. 185 p.
LINDSEY, Bill. Historic Glass Bottle Identification & Information Website [En Ligne]. https://sha.org/bottle/index.htm
MILLER, George L. et Catherine SULLIVAN. « Machine-Made Glass Containers and the End of Production for Mouth-Blown Bottles ». Historical Archaeology. Vol. 18, no 2 (1984), p. 83-96.