Laboratoire d'archéologie du Québec
< RETOUR À LA RECHERCHE
Bouteille à médicament. Vue généraleImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à médicament. FaceImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à médicament. CôtéImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à médicament. DessusImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à médicament. DessousImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à médicament. Détail de l'inscription «VEGETABLE»Image
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à médicament. Détail de l'inscription «PAINKILLER»Image
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BjFj-23 > Opération 2 > Sous-opération A > Lot 6 > Numéro de catalogue 23

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille à médicament a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle témoigne de la variété des bouteilles pharmaceutiques offertes sur le marché au cours du XIXe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille à médicament en verre teinté de couleur verte est fabriquée entre 1867 et la fin du XIXe siècle, possiblement en Amérique du Nord. D'après la trace de pontil ouverte sous la base, la bouteille est soufflée dans un moule en deux parties avec base séparée, et la lèvre est ajoutée séparément. Les inscriptions moulées en relief sur le corps indiquent que ce contenant à usage pharmaceutique contient du « painkiller » à l'origine. La forme de cette bouteille, rectangulaire à chanfreins plats et à trois pans en retrait, indique qu'elle est fabriquée après 1867, car avant cette date, les contenants de « painkiller » étaient de forme ronde.

Le « vegetable painkiller », dont il semble rester des traces dans la bouteille sous forme de liquide brunâtre, est une solution à base d'opiacés et d'alcool éthylique utilisée pour traiter la douleur. Il s'agit du premier médicament élaboré et publicisé à l'échelle nationale dont le but n'est pas de traiter une maladie en particulier. Le médicament est créé par Perry Davis (1791-1862) vers 1840 à Providence, au Rhode Island, et est breveté en 1845. La compagnie prend le nom de Davis & Son vers 1850 lorsque son fils se joint à l'entreprise. Elle change à nouveau de nom pour Perry Davis & Son & Lawrence vers 1875, puis Davis & Lawrence Co. Ltd vers 1883. La compagnie déménage à New York en 1895, et devient la Davis & Lawrence Co vers 1907-1908.

Perry Davis vend son produit miracle au porte-à-porte, se rendant parfois aussi loin que Boston. Le médicament devient rapidement très populaire, ce qui n'est pas surprenant, compte tenu de ses ingrédients addictifs. En plus d'être vendu également dans différents commerces, le painkiller est aussi distribué par les missionnaires chrétiens partout dans le monde. Après la mort de Perry Davis en 1862, son fils Edmund reprend le flambeau et le médicament est vendu jusqu'en 1958. La compagnie Perry Davis & Son ouvre un entrepôt sur la rue Saint-Paul à Montréal, puis commence à y manufacturer des produits vers 1888. La compagnie apparait dans les annuaires de Montréal jusqu'en 1964. En 1930, une saisie des produits Davis & Sons permet d'analyser le contenu du « vegetable painkiller », qui est alors composé de camphre, de capsicum, de myrrhe, d'alcool et d'eau. Ceci indique que la recette est changée avant cette date, ne contenant plus d'opiacés.

La bouteille à médicament est mise au jour en 1988 sur le site des Quais Bonsecours, à Montréal. Ce site se trouve dans le secteur du Vieux-Port, déclaré arrondissement historique en 1964.

Au moment du décès de Davis en 1862, la guerre civile américaine faisait rage aux États-Unis. Le médicament était si crucial pour l'armée de l'Union qu'ils ont rapidement pris le contrôle de l'usine fabriquant le « vegetable painkiller ». Le médicament était supposément donné aux soldats et à leurs chevaux. Le Senate of the Dominion of Canada indique en 1886 que dans certains endroits éloignés du Canada, il semblerait que ce médicament était parfois consommé au lieu de l'alcool dans des rassemblements sociaux, nommés « Pain-Killer parties ». La compagnie Davis & Lawrence (à partir de 1907-1908) aurait aussi servi d'agence pour plusieurs compagnies américaines comme la Fellows Medical Mfg. Co (New York) et John Wyeth & Bro (Philadelphie).

RÉFÉRENCES

ARKÉOS INC. Fouilles et surveillance archéologique sur le site des quais Bonsecours, Montréal, 1988. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ville de Montréal/MAC, 1988. 106 p.
JONES, Olive R. et Catherine SULLIVAN. Glossaire du verre de Parcs Canada décrivant les contenants, la verrerie de table, les dispositifs de fermeture et le verre plat. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, Parcs Canada, Environnement Canada, 1985. 185 p.
LINDSEY, Bill. Historic Glass Bottle Identification & Information Website [En Ligne]. https://sha.org/bottle/index.htm
MILLER, George L. et Catherine SULLIVAN. « Machine-Made Glass Containers and the End of Production for Mouth-Blown Bottles ». Historical Archaeology. Vol. 18, no 2 (1984), p. 83-96.
s.a. Anciennes bouteilles de médicament du Québec [En Ligne]. https://bouteillesduquebec.ca/