Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouteille d’apothicaire. Vue généraleImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d’apothicaire. Côté AImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d’apothicaire. Côté BImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d’apothicaire. DessusImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d’apothicaire. DessousImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d’apothicaire. Détail de l'inscription sur le corpsImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BjFj-8 > Opération 6 > Sous-opération B > Lot 1

Contexte(s) archéologique(s)

Dépotoir

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille d'apothicaire a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle témoigne de la diversité des bouteilles pharmaceutiques disponibles sur le marché ainsi que des avancées technologiques effectuées en matière de fabrication des contenants en verre au tournant du XXe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille d'apothicaire en verre teinté régulier de couleur bleu pâle est fabriquée à Nottingham, en Angleterre, entre 1851 et 1914. Les lignes de moulage visibles le long du corps de la bouteille indiquent qu'elle est soufflée dans un moule en deux parties avec la base séparée.

D'après les inscriptions moulées en relief sur le corps de la bouteille, ce contenant à usage pharmaceutique est vendu par la compagnie Woodward. William Woodward (avant 1844-1912) est un pharmacien anglais ayant fait son apprentissage auprès du pharmacien John Halliday Thomas à Boston. Après sept ans d'apprentissage, Woodward retourne en Angleterre. Il fait l'achat en 1851 d'une pharmacie située à Nottingham. Il est reconnu pour sa mise en marché du « Gripe Water », qu'il vend à l'once au public, et au gallon aux docteurs et aux hôpitaux. Woodward prend sa retraite en 1877, puis vend sa compagnie à un ami, seulement pour la racheter cinq ans plus tard. À la mort de Woodward en 1912, son fils William junior prend le relais, et la compagnie passe en 1926 aux mains de Sanitas Trust Limited. De nos jours, la compagnie appartient à Seton Scholl London International.

Bien que ce ne soit pas spécifié sur la bouteille, il est possible qu'elle contienne du « Gripe Water » à l'origine. Ce produit, vendu pour le traitement des maux gastro-intestinaux des enfants, contient 3,6 % d'alcool. Bien que le produit soit encore vendu de nos jours, l'alcool ne fait maintenant plus partie des ingrédients.


La bouteille d'apothicaire est mise au jour en 2008 sur le site du parc archéologique de la Baronnie de Longueuil, dans un contexte correspondant à la première église. Ce site, circonscrit par le chemin de Chambly, la rue Saint-Charles Est, la rue Bord de l'Eau et la rue Saint-Antoine, porte les traces de l'histoire de l'établissement de Longueuil et remonte à plus de 2 000 ans. L'occupation européenne débute en 1657, avec la concession de la première partie de la seigneurie à Charles Le Moyne (1626-1685). Vers 1695, son fils homonyme (1656-1729) et futur baron fait construire un fort en pierre afin de protéger ses censitaires des attaques iroquoises qui font rage durant la seconde moitié du XVIIe siècle. Plusieurs bâtiments se trouvent à l'intérieur des murs, tels qu'une maison, une chapelle, une écurie, une laiterie, un corps de garde, une bergerie, une étable et une grange. Le château est occupé par des troupes américaines durant la guerre d'Indépendance en 1776. Abandonné par la suite, le château est détruit en 1810. En plus des vestiges du château, ce site comprend ceux d'un moulin à vent, de la première église de Longueuil et son cimetière, d'un moulin à eau, d'un four à chaux, d'une caserne de pompier et de plusieurs habitations. En tout, ce sont sept fouilles archéologiques qui sont effectuées sur ce site.

RÉFÉRENCES

JONES, Olive R. et Catherine SULLIVAN. Glossaire du verre de Parcs Canada décrivant les contenants, la verrerie de table, les dispositifs de fermeture et le verre plat. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, Parcs Canada, Environnement Canada, 1985. 185 p.
LINDSEY, Bill. Historic Glass Bottle Identification & Information Website [En Ligne]. https://sha.org/bottle/index.htm
MILLER, George L. et Catherine SULLIVAN. « Machine-Made Glass Containers and the End of Production for Mouth-Blown Bottles ». Historical Archaeology. Vol. 18, no 2 (1984), p. 83-96.