Laboratoire d'archéologie du Québec
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Polissoir. Côté AImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Polissoir. Côté BImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Polissoir. ProfilImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Polissoir. Vue de détailImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BiFw-172 > Numéro de catalogue 6814

Contexte(s) archéologique(s)

Campement

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le polissoir a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il s'agit d'un élément caractéristique de la boîte à outils des groupes autochtones de tradition laurentienne de l'Archaïque récent (5 500 à 4 200 ans avant aujourd'hui). Avec sa forme losangique et ses facettes multiples, le polissoir permet d'illustrer la variabilité de ce type d'objet assez commun sur les sites archéologiques de cette période en Outaouais et dans le sud-ouest du Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le polissoir est un outil façonné dans une pierre abrasive qui sert à fabriquer ou à modifier des objets de bois, d'os ou de pierre. Le polissoir est un élément important de la boîte à outils des groupes autochtones de tradition laurentienne de l'Archaïque récent (5 500 à 4 200 ans avant aujourd'hui). Il sert particulièrement à la modification des incisives de castor, au polissage de la pierre et de l'os, de même qu'à la régularisation des encoches des pointes de projectile en pierre polie ou des barbelures des harpons en os.

Le polissoir losangique présente des caractéristiques particulières qui en font un type distinct, un polissoir multifonctionnel et spécialisé. Il se caractérise par son contour irrégulier grossièrement losangique. Chacune de ses faces présente une saillie centrale qui traverse la pièce sur toute sa longueur et forme deux pans plats disposés obliquement. Ces saillies lui confèrent aussi une forme losangique, visible en coupe transversale. Le contour du polissoir présente aussi des schémas d'aménagements variés, au profil droit, courbe, biseauté ou concave qui témoignent des différents contextes d'utilisation du polissoir. Cette variabilité des surfaces actives en fait un objet multifonctionnel élaboré, alors que sa granulométrie fine permet d'affirmer que le polissoir losangique est principalement réservé au travail de finition et de polissage des outils.

Avec sa forme distinctive et son caractère multifonctionnel évident, le polissoir losangique constitue un outil polyvalent, et il contribue à illustrer la variabilité des formes et des caractéristiques de ces objets souvent considérés usuels et d'utilisation expéditive.

Le polissoir losangique provient du site de Pointe-Gatineau qui se trouve au confluent des rivières Gatineau et des Outaouais. C'est à cet endroit que des campements ont été installés de manière répétée tout au long de la période de l'Archaïque récent et terminal. Les datations radiocarbone issues du site indiquent une fréquentation qui s'étend sur plus de 3 000 ans entre 7 500 à 4 500 ans calibrés avant aujourd'hui (soit l'équivalent de 5 450 à 2 550 ans avant J. C. ). Pointe-Gatineau est ainsi le plus ancien et le plus contemporain des sites de l'île aux Allumettes et de l'île Morrison. Il a livré 100 polissoirs, dont le polissoir losangique. Si les polissoirs sont des objets récurrents, il est néanmoins rare d'en trouver plus d'une vingtaine sur un même site. Le nombre considérable de polissoirs du site de Pointe-Gatineau peut sembler important, mais il doit être mis en perspective avec le nombre de presque 2 000 retrouvés sur le site de l'île Morrison et les 245 de l'île aux Allumettes. Pris ensemble, ces assemblages datés de l'Archaïque récent laurentien mettent en lumière l'importance et la polyvalence de cet outil pour la production des objets en pierre polie et en os ouvragé des groupes autochtones de cette tradition.

RÉFÉRENCES

Archéotec inc. Travaux de réaménagement de la rue Jacques-Cartier, ville de Gatineau. Site BiFw-172. Interventions archéologiques 2014. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Hydro-Québec/Ville de Gatineau, 2015. s.p.
OUELLET, Jean-Christophe. « Les occupations de la période Archaïque à l'embouchure de la rivière Gatineau. Le site BiFw-172 ». BURKE, Adrian L., dir. et Claude CHAPDELAINE, dir. L'Archaïque au Québec : six millénaires d'histoire amérindienne. Paléo-Québec, 36. Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, 2017, p. 115-150.