Laboratoire d'archéologie du Québec
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Nucléus. Vue généraleImage
Photo : Olivier Lalonde 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Nucléus. DessusImage
Photo : Olivier Lalonde 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Nucléus. DessousImage
Photo : Olivier Lalonde 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BiEr-14 > Numéro de catalogue 1883L

Contexte(s) archéologique(s)

Campement

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le nucléus a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il s'agit de l'un des rares exemplaires de nucléus retrouvés sur un site archéologique qui soit constitué d'une pierre dont la source est très éloignée du lieu de sa découverte. Étant donné les étapes de réduction de la matière généralement pratiquées entre la source et la destination lointaine d'un objet, la matière première arrive généralement sous une forme qui démontre un état avancé de transformation.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le nucléus, par le contexte de sa découverte, est associé au Paléoindien ancien (12 000 à 10 000 ans avant aujourd'hui), plus précisément entre 12 400 et 11 900 ans avant aujourd'hui. Entier, il consiste en un bloc subtriangulaire de chert rouge, une pierre provenant de la région du lac Munsungun dans le Maine. La transformation de l'objet débute probablement à la carrière ou dans un atelier à proximité.

Le nucléus à éclats est un bloc de matière première duquel étaient détachés des éclats, des lames ou des lamelles servant ensuite à la fabrication de divers outils. Ce nucléus comprend une section plane, constituant le plan de frappe. Quatre éclats en ont été tirés, donnant une forme relativement pointue à la base. Puisque le plan de frappe est identifiable, il est possible de classer ce nucléus dans la classe des nucléus unidirectionnels. Bien que celui-ci ne soit pas encore épuisé, le nucléus est rejeté et n'est pas récupéré pour d'autres usages.

Le nucléus est mis au jour en 2008 sur le site archéologique Cliche-Rancourt (BiEr-14), situé sur une rive du lac aux Araignées dans le secteur de Mégantic en Estrie. Il provient de l'aire d'occupation numéro 3, correspondant à un important atelier de taille de la pierre, principalement du chert rouge. Le nucléus appartient à une catégorie d'objets dont la découverte est très rare étant donné le grand éloignement de la source du matériau, comme c'est le cas du chert Munsungun. Cette source se situe à plus de 176 km à vol d'oiseau du site Cliche-Rancourt, et la réduction de la matière entre la source et une destination aussi lointaine que celle-ci se traduit généralement par une morphologie qui démontre un état avancé de transformation de l'objet à son arrivée.

La très grande majorité des artéfacts mis au jour avec ce nucléus ont été fabriqués à partir de pierres provenant des États de la Nouvelle-Angleterre. Il est donc fort probable que le groupe de la région de Mégantic faisait partie d'une bande plus étendue qui avait pour centre d'opération le Maine et le New Hampshire.

RÉFÉRENCES

CHAPDELAINE, Claude. Abonesig, site de taille de galets de quartz, et le Paléoindien ancien sur Cliche-Rancourt : une huitième saison de fouilles au Méganticois. Juillet et Août 2008. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Université de Montréal, 2008. 141 p.
CHAPDELAINE, Claude. « Early Paleoindian Occupation at Cliche-Rancourt, Southeastern Quebec ». CHAPDELAINE, Claude, dir. Late Pleistocene Archaeology and Ecology in the Far Northeast. College Station, Texas A&M University Press, 2012, p. 135-163.