Laboratoire d'archéologie du Québec
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Perle. Vue à l'horizontaleImage
Photo : Patricia Lachapelle 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Perle. Vue du trou d'enfilageImage
Photo : Patricia Lachapelle 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CaFe-7 > Opération 10 > Sous-opération A > Lot 59 > Numéro de catalogue 1

Contexte(s) archéologique(s)

Foyer

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La perle a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle est un exemple caractéristique des nombreuses perles de ce type retrouvées sur le site du fort Abénakis, qui sont des objets représentatifs de la culture W8banaki (abénaquise). En effet, le perlage est un savoir-faire traditionnel encore pratiqué de nos jours. La perle a également été choisie parce qu'elle a été mise au jour dans un foyer près des vestiges d'une maison traditionnelle sur le site.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La perle de verre est un objet fabriqué en Europe entre le XVIe et le XIXe siècle. La perle de forme ovale est constituée d'une couche de verre opaque blanc et est fabriquée par étirement. Cette technique nécessite de fabriquer les perles une par une. Un fil de verre est préparé et chauffé à la température désirée, puis il est enroulé autour d'un fil de métal préalablement recouvert de craie, d'argile ou d'une substance permettant de retirer la perle plus facilement. Il est possible d'ajouter plusieurs fils de verre. Cette technique de fabrication est pratiquée en Europe depuis l'Antiquité, mais ce type de perle est produit en Europe entre le XVIe et le XIXe siècle.

Les perles de verre sont importées en Amérique du Nord par les Européens et servent surtout aux échanges avec les Autochtones contre des fourrures, du gibier ou autres denrées alimentaires. Les Autochtones les utilisent ensuite comme monnaie d'échange et comme parure pour la confection de bijoux, de vêtements (broderie) et de ceintures. En plus de ces usages, les Européens s'en servent pour la dévotion dans la conception de chapelets et la décoration des intérieurs (guirlandes, chandeliers).

La perle est mise au jour en 2014 sur le site du fort Abénakis, à Odanak. Elle a été retrouvée dans un ancien foyer se trouvant près des vestiges d'une maison traditionnelle avec des artéfacts datant d'entre 1720 et 1759. Plusieurs perles de ce type ont été mises au jour sur le site.

Afin de situer l'occupation du site du fort Abénakis, certaines datations ont été réalisées au moyen d'analyses au carbone 14. Elles ont été effectuées sur des fragments de charbon et des grains de maïs carbonisés retrouvés dans certaines fosses du site. Les analyses ont révélé différentes datations, dont la plus ancienne se situe entre 1522 et 1620 (1571 ± 49). Ces résultats suggèrent que le fort Abénakis a été occupé en continu par les W8banakiak (Abénaquis), possiblement à compter des années 1522 ou un peu plus tard. L'occupation s'est ensuite poursuivie jusqu'à l'arrivée des Français dans la région, qui y établissent une mission en 1704. Bien que cette dernière ait été incendiée en 1759, l'occupation du site par les W8banakiak (Abénaquis) s'est tout de même poursuivie et elle perdure encore aujourd'hui.

RÉFÉRENCES

PLOURDE, Michel et Geneviève TREYVAUD. Les Abénakis d’Odanak, un voyage archéologique. Odanak, Musée des Abénakis, 2017. 127 p.