Laboratoire d'archéologie du Québec
< RETOUR À LA RECHERCHE
Cendrées. Vue généraleImage
Photo : Olivier Lalonde 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEw-1 > Opération 5 > Sous-opération A > Lot 13 > Numéro de catalogue 16

Contexte(s) archéologique(s)

Fort
Militaire

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Les cendrées ont été sélectionnées pour la collection archéologique de référence du Québec, car elles témoignent principalement de la pratique de la chasse par les militaires du fort Jacques-Cartier.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Les cendrées en plomb sont des projectiles liés à l'armement, fabriqués au XVIIIe siècle, probablement entre 1759 et 1760 au fort Jacques-Cartier. De petit diamètre, ces munitions sont vraisemblablement destinées à la chasse au petit gibier. Ce type de balle peut également servir lors de pénurie de munitions de plus gros calibre. Plusieurs plombs peuvent être enveloppés dans du papier qui, une fois propulsés hors du canon, créent un nuage de plomb ayant plus de chance d'atteindre la cible qu'un projectile unique.

Afin de fabriquer rapidement et facilement de grandes quantités de projectiles de petit calibre, le plomb en fusion est coulé à travers une passoire en cuivre ou une grille calibrée dont les trous correspondent au diamètre des munitions à produire. Au XVIIe siècle, la coulée est effectuée au-dessus d'un baril rempli d'eau pour que les gouttelettes de plomb qui s'échappent de la passoire figent instantanément en tombant dans l'eau, ce qui leur donne une forme ovale. Lorsque les quantités de projectiles à fabriquer sont plus restreintes ou qu'il est nécessaire d'en fabriquer sur la route, un moule ressemblant à des pinces est utilisé. Le plomb fondu est alors coulé dans ce moule. Une fois durci, le plomb est retiré du moule, et les munitions sont détachées du chemin de coulée. La surface des projectiles est polie afin d'enlever, autant que possible, l'aspérité résiduelle. Les cendrées ou plombs de chasse convenaient tant au fusil militaire qu'au fusil de chasse, de calibre inférieur.

Le fort Jacques-Cartier est construit à la fin du mois de septembre 1759, suivant la chute de la ville de Québec. Ce fort sert de lieu d'hivernement pour les troupes françaises, ainsi que de base pour des expéditions de reconnaissance dans les environs de Québec afin de déterminer les positions des troupes britanniques ennemies et ainsi nuire aux préparatifs de leur campagne militaire suivante. Le site sert également de centre stratégique pour les préparatifs d'une contre-attaque sur la ville de Québec prévue au printemps 1760 et connue sous le nom de la bataille de Sainte-Foy. Malgré la victoire française, la ville n'est pas reprise, et les troupes retournent au fort Jacques-Cartier avant d'être dispersées sur d'autres fronts. Seule une garnison demeure au fort, jusqu'à la capitulation de Montréal en septembre 1760. Les Français sont alors évacués par les troupes britanniques victorieuses.

Les cendrées ont été mises au jour en 2004 sur le site du fort Jacques-Cartier, à Cap-Santé.

RÉFÉRENCES

HAMILTON, T.M. Colonial Frontier Guns. Union City, Pioneer Press, 1987. 176 p.
SANTERRE, Simon. Le fort Jacques-Cartier, l'un des derniers bastions de la résistance française en Amérique du Nord. Résultats de l'intervention archéologique de 2004 (CeEw-1). Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2005. 134 p.