Laboratoire d'archéologie du Québec
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LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BjFj-49 > Opération 4 > Sous-opération J > Lot 4 > Numéro de catalogue 1081

Région administrative

Montréal

MRC

Montréal

Municipalité

Montréal

Fonction du site

domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Les fragments de vase ont été sélectionnés pour la collection archéologique de référence du Québec, car il s'agit d'un rare objet présent dans les collections archéologiques du Québec dont la production se situe à la toute fin du Sylvicole moyen ancien. De plus, ils ont été choisis en raison de leur décor constitué exclusivement d'empreintes dentelées quadrangulaires. Le lieu de leur découverte présente également un intérêt, puisqu'ils ont été mis au jour dans l'arrondissement historique du Vieux-Montréal, un secteur où il est rare de trouver ce type de céramique.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Les fragments de vase sont associés à un récipient probablement fabriqué au cours de la période de transition entre la fin du Sylvicole moyen ancien (2 400 à 1 500 avant aujourd'hui) et le début du Sylvicole moyen tardif (1 500 à 1 000 avant aujourd'hui). L'objet de céramique de type « Pointe Péninsule » est modelé au colombin, une technique qui consiste à superposer des colombins d'argile, qui sont ensuite modelés pour former le récipient. Le vase est un récipient destiné principalement à la cuisson des aliments. Ce type de contenant peut aussi servir au transport de l'eau et à l'entreposage des aliments.

L'aire de répartition de la poterie de tradition ou de culture Pointe Péninsule est très vaste et comprend le sud-est de l'Ontario, le sud du Québec, ainsi qu'une bonne partie de l'État de New York et de la Nouvelle-Angleterre, jusqu'au Nouveau-Brunswick. Les vases sont caractérisés par une panse de forme conique, un col peu étranglé, un rebord plus ou moins éversé, ainsi qu'une lèvre de forme variable. La face interne est souvent scarifiée, c'est-à-dire marquée de stries horizontales à l'aide d'un peigne. La décoration, qui peut couvrir toute la face externe et souvent la face interne du rebord, est constituée surtout d'empreintes dentelées, ondulantes et cordées. En comparaison aux céramiques de type « Vinette I », celles du type « Pointe Péninsule » présentent des parois plus étroites, un dégraissant plus fin et une pâte moins friable. Ce type de poterie au corps fuselé, dont la capacité ne dépasse pas 10 litres, est particulièrement bien adapté à la cuisson lente des viandes et devient très populaire au cours du Sylvicole moyen ancien. Il se trouve parfois en centaines d'exemplaires sur certains sites localisés à un point de confluence.

La présence de rebuts de pâte en forme de colombin sur plusieurs sites archéologiques de cette période vient appuyer l'idée que le montage par colombins d'argile superposés constituait la technique de fabrication dominante. Cette technique suggère une fabrication sur place des vases en céramique ainsi qu'une occupation estivale des sites, puisque l'extraction de l'argile brute n'est pas possible en hiver et que les étapes du séchage et de la cuisson sont plus difficiles à réaliser pendant la saison froide.

Les fragments de vase sont mis au jour à l'été 1989 sur le site Lemoyne-Le Ber, localisé dans l'arrondissement historique du Vieux-Montréal, à l'intersection des rues Saint-Sulpice et Saint-Paul Ouest.

RÉFÉRENCES

BILODEAU, Robert. Fouilles archéologiques, terrain Le Moyne-Leber, BjFj-49/10B, Montréal, 1989. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ville de Montréal/Société d'archéologie et de numismatique de Montréal/MAC, 1990. 130 p.
Ethnoscop inc. Regards sur le site Lemoyne-Leber, Vieux-Montréal, site BjFj-49. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Société de développement de Montréa/Ville de Montréal/MCCQ, 2000. 244 p.
GATES ST-PIERRE, Christian. Le patrimoine archéologique amérindien du Sylvicole moyen au Québec. Étude produite dans le cadre de la participation du Québec au RCLP [document inédit], Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2010. 59 p.