Laboratoire d'archéologie du Québec
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Grain de chapelet. Vue à l'horizontaleImage
Photo : Émilie Deschênes 2019, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Grain de chapelet. Vue du trou d'enfilage, côté AImage
Photo : Émilie Deschênes 2019, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Grain de chapelet. Vue du trou d'enfilage, côté BImage
Photo : Émilie Deschênes 2019, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-9 > Opération 3 > Sous-opération D > Lot 3 > Numéro de catalogue 687

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le grain de chapelet a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il est associé à l'occupation de la première habitation à l'époque de Samuel de Champlain (1608-1624). De plus, le grain témoigne de la dévotion chrétienne et de la pratique de la religion catholique sur le site de l'Habitation.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le grain de chapelet est façonné en France vers le début du XVIIe siècle. Taillé dans l'os, le grain est de forme sphérique et présente des extrémités aplaties. Le grain de chapelet est un objet de dévotion lié à la pratique de la religion catholique. Le chapelet comporte d'ordinaire cinq dizaines de grains séparées par une plus grosse perle, tous assemblés sur un fil de cuivre ou une cordelette. Il peut y avoir deux autres grosses perles sur la section de la croix. Les chapelets composés de grains en os sont considérés comme étant les plus communs.

Le chapelet auquel appartient ce grain est importé en Nouvelle-France au XVIIe siècle. Dans un contexte d'évangélisation, il est d'usage à cette époque pour les missionnaires jésuites d'offrir un chapelet aux Autochtones nouvellement baptisés afin de marquer de manière solennelle l'abandon de leurs anciennes croyances. Des chapelets sont aussi offerts aux mères qui les mettent au cou de leurs enfants afin de bénéficier de la protection divine.

Puisque seuls quelques grains de chapelet épars sans médaille ni crucifix ont été mis au jour sur le site de l'Habitation, il est possible que ce grain ait été utilisé comme perle et ait servi de parure ou d'objet d'échange avec les Autochtones.

Le grain de chapelet est mis au jour entre 1975 et 1976 sur le site de la première habitation occupée par Champlain. Le site de l'Habitation constitue le premier établissement français permanent en Amérique du Nord et est situé dans le secteur de Place-Royale, à Québec. La première habitation est construite en 1608 et abrite Champlain et ses troupes jusqu'en 1624, année où elle est détruite pour faire place à la seconde habitation, un bâtiment de pierre qui est ensuite incendié par les frères Kirke en 1632.

RÉFÉRENCES

L'ANGLAIS, Paul-Gaston. Analyse de la collection archéologique pour fins d’interprétation, site BjFj-101, Fort de Ville-Marie / Domaine de Callière. [Document inédit], Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal, 2015. 107 p.
MOUSSETTE, Marcel et Françoise NIELLON. L'Habitation de Champlain. Collection Patrimoines, série Dossiers, 58. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1985. 531 p.
PICARD, François-Dominique. Le magasin du Roy ou seconde habitation de Champlain, rapport de fouilles archéologiques, Place-Royale, Québec. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ministère des Affaires culturelles du Québec, 1976. 94 p.