Laboratoire d'archéologie du Québec
< RETOUR À LA RECHERCHE
Estrope. Vue généraleImage
Photo : Joey Leblanc 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Estrope. DétailImage
Photo : Joey Leblanc 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

EdBt-3 > Numéro de catalogue 6731

Région administrative

Côte-Nord

MRC

Le Golfe-du-Saint-Laurent

Municipalité

Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent

Fonction du site

domestique
pêche

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

L'estrope a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car elle est l'un des rares exemplaires de ce type d'objet en fibres végétales retrouvés dans un contexte archéologique.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

L'estrope en vannerie est fabriquée en Europe au XVIe et au début du XVIIe siècle. L'anneau est fait de torons composés de plus d'une dizaine de tiges de paille torsadées vers la droite. Ensuite, trois torons sont commis ensemble en les torsadant vers la gauche. Cette double torsion opposée des fibres végétales confère à l'ensemble une force et une flexibilité accrue, à la manière des cordages de chanvre. Les torons torsadés sont ensuite assemblés en rond, de manière à former un anneau épais et rigide. Des traces de goudron sont visibles sur la surface de l'estrope.

L'estrope peut remplir diverses fonctions, telles que la fixation de divers éléments sur un bateau. Des estropes en osier retrouvées à Red Bay près d'une baleinière peuvent servir à fixer les manches des avirons sur les tolets de petites embarcations, permettant de maoeuvrer les avirons avec plus d'aisance et de les maintenir en place au repos. Sur les plus gros navires, les estropes peuvent servir à fixer le gréement ou à arrimer la cargaison. Il est également possible d'utiliser cet objet comme anse souple fixée sur un objet léger, ou comme anneau posé sous un contenant à fond bombé, de petit format ou de forme irrégulière. D'autres types de matériaux peuvent être employés pour fabriquer des estropes, telles les fibres d'agave ou les tiges de lierre.

L'estrope provient d'un navire basque ayant mouillé dans l'anse du Petit Mécatina entre 1530 et 1620, où elle a été jetée par-dessus bord. Elle est mise au jour en août 2012 dans un secteur situé au nord de deux imposants monticules de pierres de lest. Ce secteur de fouille a livré une panoplie d'autres objets, dont de nombreuses céramiques, des pièces de barriques et des déchets de bois témoignant du travail des tonneliers et des charpentiers sur le navire basque. Plusieurs autres objets permettent de décrire le quotidien de l'équipage du navire, tels des restes alimentaires variés, des perles de chapelet, ou encore des munitions d'armes à feu. Plusieurs os de baleine et de morue sont également mis au jour sur ce site, confirmant la poursuite de ces cétacés et les activités de pêche par les Basques à Mécatina.

RÉFÉRENCES

DAVIS, Stephen. « Textiles, vannerie et fibres ». BERNIER, Marc-André, Robert GRENIER et Willis STEVENS. L'archéologie subaquatique de Red Bay : la construction navale et la pêche de la baleine basques au XVIe siècle. Ottawa, Parcs Canada, 2007, p. 244-248.
DUHAMEL DU MONCEAU, Henri-Louis. Traité de la fabrique des manoeuvres pour les vaisseaux, ou l'Art de la corderie perfectionné. Paris, Chez Desaint, 1769. 572 p.
FITZHUGH, William W. The Gateways Project 2012. Land and Underwater Excavations at Hare Harbor, Petit Mecatina and Little Canso Island. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Smithsonian Institution/Université de Montréal/Artic Studies Center, 2013. 50 p.
HARRIS, Ryan et Brad LOEWEN. « Une baleinière basque : chalupa no. 1 ». BERNIER, Marc-André, Robert GRENIER et Willis STEVENS. L'archéologie subaquatique de Red Bay : la construction navale et la pêche de la baleine basques au XVIe siècle. Ottawa, Parcs Canada, 2007, p. 329-403.