Laboratoire d'archéologie du Québec
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Grenade. Vue générale 1/4Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Grenade. Vue générale 2/4Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Grenade. Vue générale 3/4Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec
Grenade. Vue générale 4/4Image
Photo : Mathieu Landry 2024, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Collections archéologiques de la Ville de Québec

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-30 > Opération 51 > Sous-opération C > Lot 56 > Numéro de catalogue 46

Contexte(s) archéologique(s)

Magasins du Roi

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La grenade a été sélectionnée pour la collection archéologique du Québec, car d'après le contexte de sa découverte, elle serait un témoin du système défensif de la ville de Québec sous le Régime français (1534-1760). Son état entier permet également d'étudier sa forme et sa fonction plus en détail. Elle a aussi été choisie parce qu'elle fait partie de la collection de référence de projectiles d'artillerie de la Ville de Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La grenade en fonte d'un calibre de 3 livres est moulée en châssis et en sable en France dans le dernier quart du XVIIe siècle, vers 1675. Ce procédé nécessite de verser de la fonte liquide dans un châssis en bois rempli de sable compacté. Dans le centre du châssis se trouve une empreinte sphérique creuse remplie de fonte liquide avec un noyau permettant une forme creuse.

La grenade est un projectile explosif antipersonnel lancé à la main par un grenadier, un militaire spécialisé, lors d'affrontements armés. La grenade est une sphère creuse en fonte. Elle est remplie de poudre à canon peu avant l'affrontement, puis fermée au moyen d'un bouchon en bois. Tout juste avant le tir, le bouchon est remplacé par une fusée en bois de forme conique et traversée au centre par une mèche en corde. Le bout de la mèche est allumé, puis la grenade est lancée à la main. Le feu de la mèche enflamme la poudre à l'intérieur de la grenade, ce qui fait exploser cette dernière. Des poches de toiles remplies de grenades peuvent parfois avoir été tirées avec un mortier. Cette grenade est entreposée dans une cave du premier palais de l'Intendant à Québec, construit vers 1686, et détruit lors d'un incendie en 1713.

La grenade a été mise au jour en 2006 sur le site de l'îlot des Palais, à Québec. Le palais de l'intendant est aménagé à partir de la brasserie du premier intendant de la colonie, Jean Talon (1626-1694), qui était en poste de 1669 à 1675. À partir de 1687, le palais est agrandi vers l'est afin d'accueillir la salle du Conseil supérieur, des prisons et des cachots, et afin d'offrir un espace pour entreposer les marchandises du roi. Des latrines extérieures sont ajoutées sur les façades avant et arrière. La portion ancienne de l'édifice est réservée à l'intendant, à sa famille et à leurs domestiques, qui l'occupent des caves aux combles. Par la suite, une grande boulangerie est érigée perpendiculairement au palais, face à sa portion centrale. Le palais est détruit lors d'un incendie, en janvier 1713, lequel épargne cependant la boulangerie.

En 1716, un nouvel édifice est érigé sur les fondations, les caves et les anciens cachots du premier palais et sert d'entrepôts pour les marchandises du roi ainsi que de boulangerie. Les magasins du roi servent à entreposer les marchandises et les vivres destinés à l'armée, à la milice et aux postes et avant-postes de la colonie. Ces bâtiments sont détruits par un incendie en mai 1760, lors de la contre-attaque de l'armée française contre les troupes britanniques installées à Québec, lesquelles incendient accidentellement le quartier.

En 1820, l'armée procède au lotissement des terrains longeant la rue Saint-Vallier. Le milieu du XIXe siècle marque le retour de l'activité industrielle. Une fonderie s'y installe en 1846, puis une brasserie en 1852. La brasserie Boswell, qui acquiert par la suite la plupart des terrains, est rachetée pour devenir la Dow Limited. Devenue la Dow Limited, elle connait une fin abrupte en 1968. Une partie des installations est démantelée peu après.

Bien que la grenade ait été associée à un autre lot, les analyses ont démontré qu'elle provient en fait d'un lot se trouvant sous le plancher en bois de la salle 4 des caves du premier palais de l'intendant. Il consiste en un remblai de comblement et de nivellement daté de 1675 environ. Ce sol est ensuite recouvert d'un plancher de bois ensevelissant la grenade vers 1687, et l'édifice est finalement incendié en 1713. Après sa découverte, la grenade a été restaurée à un moment indéterminé.

RÉFÉRENCES

SIMONEAU, Daniel. Îlot des Palais : rapport des fouilles archéologiques réalisées par la Ville de Québec, saison 2006 et 2007. Cahier d'archéologie du CÉLAT, 40. Québec, CÉLAT, Ville de Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2014. 428 p.