Laboratoire d'archéologie du Québec
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Pointe lancéolée à encoches latérales. Face AImage
Photo : Sylvain Lessard 0, © Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke
Pointe lancéolée à encoches latérales. Face BImage
Photo : Sylvain Lessard 0, © Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke
Pointe lancéolée à encoches latérales. ProfilImage
Photo : Sylvain Lessard 0, © Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BkEu-2 > Numéro de catalogue 141

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La pointe lancéolée fait partie de la collection archéologique de référence du Québec, car elle constitue un exemple représentatif des pointes de type « Otter Creek » retrouvées durant la phase Vergennes de l'Archaïque récent laurentien (5 500 à 4 200 ans avant aujourd'hui). Or, l'intérêt de cette pointe est aussi qu'elle n'est pas typique de ce type et qu'elle peut ainsi avoir des traits ressemblant à des pointes de la sous-période suivante, l'Archaïque récent post-laurentien (4 200 à 3 000 ans avant aujourd'hui), soit celles de type « Normanskill » de la tradition lamokoïde.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La pointe lancéolée à encoches latérales est un objet servant probablement à armer un projectile pour la chasse, voire pour la guerre, mais il peut éventuellement servir comme couteau. La pointe est en chert gris foncé qui est devenu mat en raison de son séjour prolongé dans l'eau. La provenance de ce matériau demeure toutefois inconnue, notamment en raison de l'altération qui limite l'identification de la pierre.

La pointe de projectile correspond au type « Otter Creek » caractéristique de la phase Vergennes de l'Archaïque récent laurentien (5 500 à 4 200 ans avant aujourd'hui). Or, il importe de préciser que cette pointe ne représente pas un exemple typique de ce taxon et sa forme, quelque peu équivoque, lui donne aussi des traits similaires à ceux du style « Normaskill » daté de l'Archaïque récent post-laurentien (4 200 à 3 000 ans avant aujourd'hui) et associé à la tradition lamokoïde. Cette pointe représente bien ces cas où le style de l'artéfact est difficile à classer dans un type précis.

Le travail du tailleur est d'assez bonne qualité, mais une des faces de l'objet semble témoigner d'un niveau de finition plus avancé que l'autre. Cela ne signifie cependant pas que l'objet n'était pas terminé et il pouvait être tout à fait fonctionnel dans l'état où il se trouve.

L'artéfact est mis au jour en bordure du lac Aylmer, près de l'embouchure de la rivière Maskinongé, par des archéologues amateurs entre 1972 et 1996. La pointe est découverte en surface en raison du rehaussement du niveau du lac Aylmer par un barrage érigé en 1898 et qui a eu pour effet d'inonder une large partie du site. Le haut niveau des eaux entraîne la déstructuration des couches de sol et des contextes archéologiques en place, détruisant ainsi la majeure partie du site. Conséquemment, le contexte originel de cette pointe est très peu connu, ainsi que son association avec les autres artéfacts, structures et couches de sol de ce site.

D'autres artéfacts associés à l'Archaïque récent laurentien (5 500 à 4 200 ans avant aujourd'hui) et à l'Archaïque récent post-laurentien (4 200 à 3 000 ans avant aujourd'hui) sont mis au jour sur le site BkEu-2.

RÉFÉRENCES

GRAILLON, Éric. Inventaire de la collection archéologique Cliche-Rancourt. Volume 1 : Le lac Aylmer. Rapport de recherche archéologique [document inédit], MRC du Granit/MCCQ, 1997. 131 p.