Laboratoire d'archéologie du Québec
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Vrille. Côté AImage
Photo : Émilie Deschênes 2019, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Vrille. Côté BImage
Photo : Émilie Deschênes 2019, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Vrille de tonnelier. Vue avantImage
Photo : Marie-Hélène Tremblay 2008, © Ministère de la Culture et des Communications

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

DbEi-5 > Opération 4 > Sous-opération Q > Lot 5 > Numéro de catalogue 11

Contexte(s) archéologique(s)

Bâtiment

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La vrille fait partie de la collection archéologique de référence du Québec parce qu'il s'agit d'un outil qui témoigne des activités des hommes de métier durant les voyages de pêche. Elle a probablement été utilisée par des tonneliers ou des charpentiers. Elle est brisée, mais relativement complète.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La vrille est un outil qui sert à percer le bois dans le but de préforer des trous de fixation ou, dans le cas de la fabrication des barriques, de percer aussi les trous de la bonde et d'équilibration de la futaille. Le diamètre des trous est déterminé par celui de la mèche requise. C'est donc un outil utilisé par des tonneliers, des charpentiers ou des menuisiers qui permet de planifier les fixations et les ouvertures sur un grand nombre d'objets, des tonneaux, passant par les meubles, aux bâtiments, aux ancres à éléments en bois et aux navires.

Cette vrille a servi sur le site des Basques-de-l'Anse-à-la-Cave vers la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Elle est incomplète et composée de deux fragments. Elle comporte une longue tige cassée en son centre et munie d'une mèche en spirale à une extrémité dont seulement une petite section est conservée. À l'autre extrémité, il y a un anneau dans lequel s'insère un manche en bois dans un axe perpendiculaire à la tige. Ce manche est manquant, mais dans l'outil complet il sert de levier de torsion qui permet de tourner l'outil pour percer le trou. Ce levier devait avoir un diamètre maximal de 1,2 à 1,4 cm. La pointe de la mèche est également manquante. La mèche mesure environ 1,0 cm de diamètre, ce qui représente le diamètre des trous que la mèche peut forer. Le diamètre des clous, chevilles ou broches installés dans ces trous de fixation devait donc être supérieur à cette mesure. La longueur minimale de l'outil est de 17,1 cm. La longueur de la tige, d'environ 16 à 18 cm – selon la longueur originale de la mèche qui est cassée – détermine l'épaisseur maximale qui peut être percée. Cette vrille est de petit format et servait donc à percer des petits trous nécessitant une force relativement faible.

La vrille est trouvée en 1993 dans la couche d'occupation d'un bâtiment construit sur le site des Basques-de-l'Anse-à-la-Cave et utilisé par les chasseurs de baleine basques vers la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Ce bâtiment, recouvert de tuiles et probablement doté d'une cheminée, était situé à proximité d'un four à double foyer. Il se peut qu'il ait été détruit par un feu après son abandon. Puisque l'incendie semble avoir touché toute la pointe du site, il est possible, quoique moins probable, qu'il s'agisse d'un feu de forêt plutôt que de l'incendie du bâtiment seulement. Le bâtiment a abrité un foyer culinaire et un petit aménagement de pierres qui pourrait avoir supporté une enclume, destinée au travail de forge. De nombreux tessons appartenant à une marmite à pâte chamois à fond plat, décorée de bandes appliquées portant un motif de losanges, sont trouvés dans le bâtiment ainsi qu'un tesson de marmite à fond plat à pâte rouge. Il y a également plusieurs outils, dont une vrille de tonnelier et un ciseau, probablement utilisé pour le calfatage des navires, de nombreux éclats de briquet en silex et des fragments de pierres à aiguiser. Sont également mis au jour une grande balle pour un mousquet ou une autre arme à feu de grand calibre utilisée à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, un petit couteau fragmentaire, des chevrotines, vraisemblablement utilisées pour la chasse, ainsi que des chemins de coulée témoignant de la fabrication de munitions sur place. Enfin, une perle de verre ovoïde blanche découverte sur le site pourrait signifier que les Basques s'adonnaient à des activités de traite avec les Autochtones.

La vrille a été restaurée par le Centre de conservation du Québec, mais les deux fragments ne recollent pas.

RÉFÉRENCES

LALANDE, Dominique. Fouilles archéologiques à l'anse à la Cave, Bon-Désir, municipalité de Bergeronnes, 1993. Rapport de recherche archéologique [document inédit], MRC de la Haute-Côte-Nord, 1994. 73 p.
LALANDE, Dominique. Le site basque de l'anse à la Cave. Québec, Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008. 52 p.
LIGHT, John D. « Les trous de fixation et les vrilles ». BERNIER, Marc-André, Robert GRENIER et Willis STEVENS. L'archéologie subaquatique de Red Bay : la construction navale et la pêche de la baleine basques au XVIe siècle. Ottawa, Parcs Canada, 2007, p. 255-258.
PLOURDE, Michel, dir., Érik LANGEVIN et Alison MCGAIN. Recherches archéologiques dans l'aire de coordination du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent en l'an 2000. Cap-de-Bon-Désir (109G), Pointe-à-John 2 (DbEj-22), Fours basques (DbEi-5) et Baie-Sainte-Marguerite (DbEl-10). Rapport de recherche archéologique [document inédit], Archéo-Topo/Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, 2001. 133 p.