Laboratoire d'archéologie du Québec
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Jas d'ancre. Côté AImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jas d'ancre. Côté BImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jas d'ancre. Côté BImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jas d'ancre. Côté DImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jas d'ancre. Détail de l'ouverture, côté BImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jas d'ancre. Détail de l'ouverture, côté DImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jas d'ancre. Détail de l'ouverture, vue en angleImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jas d'ancre. Détail de l'assemblageImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jas d'ancre. Détail d'une gournableImage
Photo : Jacques Beardsell 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

DiDt-8 > Opération 4 > Sous-opération M > Lot 2 > Numéro de catalogue 83

Contexte(s) archéologique(s)

Épave

Région administrative

Côte-Nord

MRC

Manicouagan

Municipalité

Baie-Trinité

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le jas d'ancre fait partie de la collection archéologique de référence du Québec parce qu'il constitue l'unique pièce d'ancre découverte autour de l'épave du « Elizabeth and Mary », l'ancre étant une pièce maîtresse de l'équipement d'un navire.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le jas d'ancre, fabriqué avant 1690, est lié à l'équipement de transport nautique. L'objet, dont les extrémités sont arrondies, est fait de deux tranches de bois de 10 cm d'épaisseur assemblées par huit chevilles de bois, ou gournables. Une ouverture de 7 cm sur 10 cm est sculptée au centre du jas d'ancre pour y faire passer la verge de l'ancre. Des éclisses sont manquantes aux extrémités et sur la partie supérieure du jas. Le jas d'ancre porte des traces de fer laissées par la verge de l'ancre.

Des recherches ont permis d'estimer le poids de l'ancre à laquelle était rattaché ce jas d'ancre à environ 500 ou 600 livres. La longueur du jas correspond normalement à la longueur de la verge de l'ancre. L'ancre pourrait correspondre à l'une des ancres principales du navire, soit l'une des ancres aux bossoirs avant ou l'ancre de miséricorde.

Le jas d'ancre agit comme stabilisateur et empêche l'ancre de se coucher au fond de l'eau. Le jas d'ancre est toujours perpendiculaire aux pattes de l'ancre pour que celles-ci puissent s'enfoncer dans le sable ou la vase. Sur un navire, plusieurs ancres sont généralement prêtes à servir, en plus de celles qui sont entreposées dans la cale du navire au cas où une ancre soit perdue en cours de route.

À cette époque, les jas sont faits de deux pièces de même grosseur entaillées au centre et assemblées par des gournables et des cerclages de fer, souvent au nombre de quatre. Les entailles servent à assembler le jas sur la verge au niveau des tenons.

Ce jas d'ancre a été découvert en 1997 lors de fouilles subaquatiques réalisées dans l'épave du « Elizabeth and Mary », un navire britannique ayant sombré en 1690 lors du siège de Québec par William Phips. L'épave a été trouvée au fond de l'anse aux Bouleaux, à Baie-Trinité, dans la région de la Côte-Nord.

L'ancre à laquelle était rattaché cet objet n'aurait pas été déployée au moment du naufrage.

Cet artéfact a subi des traitements de conservation qui ont profité des conditions extrêmes des hivers québécois. Le séchage à froid a commencé au début du mois de janvier 1998, les conditions climatiques à cette période de l'année y étant favorables. Le principe du séchage à froid est simple : l'eau présente dans les cellules du bois est éliminée en passant directement de la phase solide (glace) à la phase gazeuse (vapeur) en évitant la phase liquide.

Comme la dimension des pièces de bois excédait la capacité du lyophilisateur du Centre de conservation du Québec, un abri triangulaire a été construit sur le toit de l'édifice et orienté est-ouest, afin de profiter des vents dominants. Sa forme permettait au vent de s'y engouffrer, ce qui est capital pour extraire le maximum de vapeur d'eau. Le côté sud, recouvert de plexiglas était pleinement ouvert à la lumière solaire, ce qui a fourni l'énergie nécessaire pour réchauffer les pièces. Plus la différence de température est grande entre la surface gelée des pièces et l'air ambiant, plus efficace est le traitement. Afin de diminuer l'effet négatif d'un flux lumineux élevé (plus de 300 fois le maximum permis pour un objet en bois), un plexiglas filtrant le rayonnement ultraviolet a été utilisé. L'intérieur de l'abri était peint en noir mat, toujours dans le but de capter l'énergie solaire. Des panneaux ont aussi permis de fermer les extrémités en cas de tempête de neige. La pesée des pièces à intervalles fixes a permis d'évaluer l'efficacité du traitement.

RÉFÉRENCES

BERGERON, André. Le séchage à froid en milieu extérieur : évaluation de l'efficacité de l'hiver québécois. s.l. Comité de l'ICOM pour la Conservation, 1987. s.p.
BERGERON, André. « Le traitement du jas d'une ancre et des deux pièces de la membrure du navire (1997-1998) ». Gouvernement du Québec. Centre de Conservation du Québec [En ligne]. http://www.ccq.gouv.qc.ca/phips/phips9n.htm
BERNIER, Marc-André, dir. L'épave du Elizabeth and Mary (1690). Fouilles archéologiques : Rapport d'activités 1997. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Parcs Canada, 2008. 64 p.
BRADLEY, Charles, Phil DUNNING et Gérard GUSSET. « Material culture from the Elizabeth and Mary (1690): individuality and social status in a late 17th-Century New England assemblage ». ROY, Christian, dir. Mer et monde : questions d'archéologie maritime. Archéologiques, Collection Hors-série, 1. Québec, Associations des archéologues du Québec, 2003, p. 150-170.
DIDEROT, Denis, dir. et Jean le Rond D'ALEMBERT. « Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers ». Académie des sciences. Édition Numérique Collaborative et Critique de l'Encyclopédie [En ligne]. http://enccre.academie-sciences.fr/encyclopedie/
DUNNING, Phil. « The Wreck of "Elizabeth and Mary" ». Revista de Arqueología Americana. No 23 (2004), p. 187-213.