Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouteille à eau de Javel. Vue générale - Côté AImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à eau de Javel. Côté BImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à eau de Javel. Côté CImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à eau de Javel. Côté DImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à eau de Javel. DessusImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à eau de Javel. DessousImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à eau de Javel. DétailImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à eau de Javel. Détail de l'inscription sur la face avantImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à eau de Javel. Détail de l'inscription sur la face arrièreImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-579 > Opération 12 > Sous-opération A > Lot 99 > Numéro de catalogue 59

Contexte(s) archéologique(s)

Industriel

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille à eau de Javel a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car il s'agit d'un produit d'entretien ménager produit à Québec qui est rarement trouvé intact sur les sites archéologiques du Québec.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille à eau de Javel en verre transparent de couleur brune est moulée à la machine entre 1928 et 1976 à Montréal, à la pointe Saint-Charles. Le devant de la bouteille est orné d'un motif imprimé en blanc représentant un homme habillé dans un style Nouvelle-France au-dessus duquel se trouve l'inscription « Vita-Laval ». La marque du fabricant située sous le fond de la bouteille indique une production par la Dominion Glass Company de la pointe Saint-Charles, en activité de 1928 à 1976.

La bouteille à eau de Javel est un contenant servant à la conservation d'une solution d'hypochlorite de sodium, ou parfois d'hypochlorite de potassium qui est utilisée comme désinfectant ou comme décolorant. L'eau de Javel tire son nom de l'ancien village de Javel, aujourd'hui un quartier du 15e arrondissement de Paris, où une manufacture de produits chimiques est implantée en 1784. Elle se trouve alors près du « Moulin de Javelle ». La solution d'hypochlorite de sodium ou de potassium est étudiée par le chimiste Claude-Louis Berthollet à partir de 1775 au sein de cette manufacture. C'est d'abord l'action décolorante de cette solution qui la rend populaire – il faut attendre 1820 pour que le pharmacien Antoine Germain Labarraque en étudie les qualités désinfectantes. Le produit est en vente dans les années 1930, comme en témoigne une publicité publiée dans « l'Événement » du 19 juin 1933, qui y vante ses qualités blanchissantes, désinfectantes et détachantes. L'eau de Javel Vita-Laval apparait subséquemment dans les annuaires de Québec dans les années 1940, jusqu'à la fin des années 1960. Selon les inscriptions sur la bouteille, le produit serait fabriqué ou embouteillé au 340 rue Joly, à Québec, dans le quartier de Limoilou et Lairet.

La bouteille à eau de Javel a été mise au jour en 2018 sur le site archéologique du poste de la Reine situé dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Les fouilles ont permis de découvrir une soixantaine de structures dont six fosses de latrines, ainsi qu'une collection de plus de 6 000 artéfacts. Ceux-ci témoignent des activités quotidiennes des résidents du secteur entre le XVIIIe et la fin du XIXe siècle, où les fonctions résidentielles et commerciales s'entremêlent. En 1894, l'acquisition des lots résidentiels par la Montmorency Electric Power Co marque le début d'une nouvelle ère industrielle de production d'électricité sur ce site. Le poste connait plusieurs propriétaires au cours du XXe siècle, dont la Quebec Railway, Light, Heat and Power Company. En 1963, lors de la deuxième nationalisation des compagnies d'électricité, Hydro-Québec acquiert le poste. Depuis sa mise en service jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, ce poste, par lequel transite la charge alimentant les seize districts du réseau, demeure le plus important du réseau de Québec. Le poste de la Reine cesse ses activités en 2016; il s'agissait du plus vieux poste de transformation hydroélectrique au pays. L'intervention archéologique est réalisée au cours du démantèlement du poste.

La bouteille provient d'une opération située dans la partie sud-ouest du site archéologique, et longe en partie la rue de la Reine. Ce secteur correspond au grand bassin de refroidissement, qui daterait des premières décennies du XXe siècle et qui comprend le grand rebord démantelé, les bases et les piliers distribués au centre du bassin et la chambre de vanne. L'objet a été retrouvé dans le sable retiré de l'intérieur du bassin, lors de son dégagement.

RÉFÉRENCES

Castonguay Dandenault & Associés Inc. Démantèlement et réhabilitation du poste de la Reine. Rue Prince-Édouard à Québec. Surveillance et fouilles archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Hydro-Québec, 2019. s.p.