Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouteille à sirop de térébenthine. Vue généraleImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à sirop de térébenthine. Côté AImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à sirop de térébenthine. Côté BImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à sirop de térébenthine. Côté CImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à sirop de térébenthine. Côté DImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à sirop de térébenthine. FaceImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à sirop de térébenthine. DessusImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à sirop de térébenthine. DessousImage
Photo : Laura Jacobs 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-579 > Opération 9 > Sous-opération A > Lot 99 > Numéro de catalogue 29

Contexte(s) archéologique(s)

Domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille à sirop de térébenthine a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle témoigne de la variété des bouteilles pharmaceutiques disponibles sur le marché au cours du XIXe siècle au Québec. De plus, cette bouteille illustre, par sa fabrication au moule en deux parties, les avancées technologiques effectuées en matière de fabrication des contenants en verre au XIXe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille à sirop de térébenthine est fabriquée en verre incolore entre 1892 et 1897 à Montréal, au Canada. Elle est soufflée au moule vertical du corps en deux parties avec base séparée, et la lèvre est façonnée à la pince de finition. Une inscription moulée en relief le long du corps de la bouteille identifie le produit qu'il contient à l'origine, son fabricant, le Dr Laviolette, ainsi que le lieu de sa fabrication.

La bouteille à sirop de térébenthine est un contenant à usage pharmaceutique. Le terme « bouteille » est appliqué ici, car celui de « fiole » ne s'applique pas, étant donné que la bouteille n'est pas cylindrique et ne contient pas moins de 6 oz de liquide. Le terme « flacon » fait plutôt référence à la forme de la bouteille. La térébenthine est une oléorésine récoltée à partir des conifères. Encore utilisée aujourd'hui, la térébenthine se retrouve dans les produits de santé naturels, les cosmétiques, les peintures, les revêtements, les adhésifs, les produits d'étanchéité et les produits automobiles.

J. Gustave Laviolette est un pharmacien exerçant à Montréal, dont le sirop de térébenthine connait un fort succès. La première mention de Laviolette remonte à 1866, alors qu'il est l'associé de Wolfred David E. Nelson. La pharmacie s'associe ensuite avec Giraldi. Vers 1874, Laviolette fonde avec C. A. Nelson la pharmacie Laviolette et Nelson avec une succursale sur la rue Saint-Laurent à Montréal, puis sur la rue Lagauchetière. Laviolette semble devenir le seul propriétaire de sa pharmacie au tournant du XXe siècle. Selon les bouteilles de sirop de térébenthine possédant encore des étiquettes, le produit aurait été breveté en 1892, alors que Laviolette était associé avec Nelson. Toutefois, seul son nom apparait sur le produit, alors que des bouteilles « Laviolette et Nelson » sont produites durant cette période. Laviolette semble conserver sa recette de sirop de térébenthine après son départ de cette association au tournant du XXe siècle, ce qui indiquerait d'autant plus que le sirop a été développé par Laviolette. Selon les publicités de l'époque, ce sirop est utilisé pour combattre le rhume, l'extinction de voix, la bronchite, la toux, la grippe et la coqueluche. Laviolette est également connu pour son sirop de goudron et la liqueur de goudron de Norvège.

La bouteille d'essence de térébenthine a été mise au jour en 2018 sur le site archéologique du poste de la Reine, situé dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Les fouilles ont permis de découvrir une soixantaine de structures dont six fosses de latrines, ainsi qu'une collection de plus de 6 000 artéfacts. Ceux-ci témoignent des activités quotidiennes des résidents du secteur entre le XVIIIe et la fin du XIXe siècle, où les fonctions résidentielles et commerciales s'entremêlent. En 1894, l'acquisition des lots résidentiels par la Montmorency Electric Power Co marque le début d'une nouvelle ère industrielle de production d'électricité sur ce site. Le poste connait plusieurs propriétaires au cours du XXe siècle, dont la Quebec Railway, Light, Heat and Power Company. En 1963, lors de la deuxième nationalisation des compagnies d'électricité, Hydro-Québec acquiert le poste. Depuis sa mise en service jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, ce poste, par lequel transite la charge alimentant les seize districts du réseau, demeure le plus important du réseau de Québec. Le poste de la Reine cesse ses activités en 2016; il s'agissait du plus vieux poste de transformation hydroélectrique au pays. L'intervention archéologique est réalisée au cours du démantèlement du poste.

L'objet provient d'une sous-opération située à l'ouest du site et qui englobe la plus grande partie de l'ancien édifice du poste de contrôle à l'angle des rues Sagard et Prince-Édouard. Les structures dégagées dans cette opération sont associées au grand mur coupe-feu qui séparait le poste des résidences de la rue Sagard et qui a été érigé en 1897.

RÉFÉRENCES

Castonguay Dandenault & Associés Inc. Démantèlement et réhabilitation du poste de la Reine. Rue Prince-Édouard à Québec. Surveillance et fouilles archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Hydro-Québec, 2019. s.p.