Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouteille à cirage. Vue générale - Côté AImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. Côté BImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. Côté CImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. Côté DImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. DessusImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. DessousImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-579 > Opération 7 > Sous-opération D > Lot 1 > Numéro de catalogue 21

Contexte(s) archéologique(s)

Domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille à cirage a été sélectionnée pour la collection de référence du Québec, car elle témoigne des méthodes utilisées pour l'entretien du cuir au XIXe siècle, et parce qu'elle est représentative des bouteilles à cirage du deuxième tiers du XIXe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille à cirage est fabriquée en grès grossier entre 1834 et 1850 dans le Derbyshire, en Angleterre. De petit format, la bouteille est recouverte d'une glaçure saline incolore à l'intérieur et à l'extérieur. La bouteille à cirage est un récipient servant à contenir de la cire utilisée pour l'entretien du cuir.

La bouteille ne présente aucune marque permettant d'identifier son fabricant, ce qui permet de conclure qu'elle est produite après 1834. En effet, les bouteilles à cirage produites entre 1817 et 1834 doivent être estampillées « BLACKING BOTTLE » afin d'exempter le marchand à payer la taxe d'accise émise par le gouvernement anglais. Cette taxe, appliquée sur les bouteilles de grès produites en Grande-Bretagne et en Irlande, est émise en 1812. Cependant, une nouvelle loi est votée par le Parlement britannique en 1817 afin de dispenser les bouteilles à cirage de cette taxe, en estampillant la mention « BLACKING BOTTLE », les autres bouteilles en grès devant porter la mention « EX ». Cette taxe d'accise perdure jusqu'en 1834, où elle est abrogée. Ainsi, l'absence d'une marque, couplée au contexte archéologique de découverte, situe la production de cette bouteille après 1834.

La bouteille à cirage a été mise au jour en 2018 sur le site archéologique du poste de la Reine, situé dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Les fouilles ont permis de découvrir une soixantaine de structures dont six fosses de latrines, ainsi qu'une collection de plus de 6 000 artéfacts. Ceux-ci témoignent des activités quotidiennes des résidents du secteur entre le XVIIIe et la fin du XIXe siècle, où les fonctions résidentielles et commerciales s'entremêlent. En 1894, l'acquisition des lots résidentiels par la Montmorency Electric Power Co marque le début d'une nouvelle ère industrielle de production d'électricité sur ce site. Le poste connait plusieurs propriétaires au cours du XXe siècle, dont la Quebec Railway, Light, Heat and Power Company. En 1963, lors de la deuxième nationalisation des compagnies d'électricité, Hydro-Québec acquiert le poste. Depuis sa mise en service jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, ce poste, par lequel transite la charge alimentant les seize districts du réseau, demeure le plus important du réseau de Québec. Le poste de la Reine cesse ses activités en 2016; il s'agissait du plus vieux poste de transformation hydroélectrique au pays. L'intervention archéologique est réalisée au cours du démantèlement du poste.

L'objet provient de l'opération 7, qui est située dans la partie centrale du site comprenant un total de six structures associées aux trois premières phases de construction des édifices du poste de la Reine. Il provient plus spécifiquement d'une fosse de latrines qui pourrait être associée à la maison Donaldson datant du milieu du XIXe siècle, un fabricant de fûts et de barils. La partie supérieure de cette fosse a été perturbée durant les nombreuses interventions effectuées sur le site au cours du siècle suivant, et les artéfacts qui y ont été retrouvés proviennent de la seconde moitié du XVIIIe jusqu'à la première moitié du XIXe siècle.

RÉFÉRENCES

Castonguay Dandenault & Associés Inc. Démantèlement et réhabilitation du poste de la Reine. Rue Prince-Édouard à Québec. Surveillance et fouilles archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Hydro-Québec, 2019. s.p.
MÉTREAU, Laetitia, dir. Identifier la céramique au Québec. Cahiers d'archéologie du CÉLAT, 41. Québec, CÉLAT, 2016. s.p.