Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouteille à cirage. Vue générale - Côté AImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. Côté BImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. Côté CImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. Côté DImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. DessusImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. DessousImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à cirage. DétailImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-579 > Opération 5 > Sous-opération A > Lot 99 > Numéro de catalogue 4

Contexte(s) archéologique(s)

Domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille à cirage a été sélectionnée pour la collection de référence du Québec, car elle témoigne des méthodes pratiquées pour l'entretien du cuir au XIXe siècle, et parce qu'elle est représentative des bouteilles à cirage du premier tiers du XIXe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille à cirage est fabriquée entre 1835 et 1910 en grès grossier de type Bristol, un type céramique produit à Bristol, en Angleterre, de 1835 au début du XXe siècle. De petit format, la bouteille est entière et présente un corps cylindrique avec un col évasé et une ouverture large. Elle est recouverte d'une glaçure feldspathique incolore à l'intérieur et à l'extérieur, sauf sous la base. Au-dessus du talon se trouve une inscription estampée en creux indiquant le fabricant anglais Price.

La bouteille à cirage est un récipient servant à contenir de la cire utilisée pour l'entretien du cuir. Charles Price (avant 1797-1849) et Joseph Gadd (mort en 1798) fondent la compagnie potière Gadd and Price en 1796 et, après le décès de Joseph, Price s'associe à Joseph Read, qui meurt en 1803. Price conserve tout de même le nom de Price and Read jusqu'en 1821. L'année suivante, le fils de Price, également nommé Charles (avant 1822-après 1863), rejoint la compagnie qui devient Charles Price and Son. Un second fils se joint à l'entreprise familiale, devenant « and sons ». À la suite du décès de Charles Price senior en 1849, l'entreprise devient Charles and Joseph Read Price jusqu'à la retraite de Charles Price junior en 1863. La compagnie connait par la suite d'autres variations au niveau du nom de la compagnie, selon ses propriétaires : Joseph and Charles Price and Brothers, puis Price, Sons and Co. et finalement Price, Powell and Co. jusqu'à la fin de la compagnie, en 1961.

La bouteille à cirage a été mise au jour en 2018 sur le site archéologique du poste de la Reine, situé dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Les fouilles ont permis de découvrir une soixantaine de structures dont six fosses de latrines, ainsi qu'une collection de plus de 6 000 artéfacts. Ceux-ci témoignent des activités quotidiennes des résidents du secteur entre le XVIIIe et la fin du XIXe siècle, où les fonctions résidentielles et commerciales s'entremêlent. En 1894, l'acquisition des lots résidentiels par la Montmorency Electric Power Co. marque le début d'une nouvelle ère industrielle de production d'électricité sur ce site. Le poste connait plusieurs propriétaires au cours du XXe siècle, dont la Quebec Railway, Light, Heat and Power Company. En 1963, lors de la deuxième nationalisation des compagnies d'électricité, Hydro-Québec acquiert le poste. Depuis sa mise en service jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, ce poste, par lequel transite la charge alimentant les seize districts du réseau, demeure le plus important du réseau de Québec. Le poste de la Reine cesse ses activités en 2016; il s'agissait du plus vieux poste de transformation hydroélectrique au pays. L'intervention archéologique est réalisée au cours du démantèlement du poste.

La bouteille provient de l'opération 5, qui est située dans la partie nord-est du site archéologique. L'ensemble des vestiges retrouvés dans cette opération ont été mis en relation avec les occupations domestiques donnant sur la rue Monseigneur-Gauvreau. Lors de l'expansion de la Quebec Railways Light, Heat and Power Company, certains bâtiments acquis sont démolis pour faire place à un poste de contrôle, un édifice abritant les contrôles de la basse tension et finalement un bassin de refroidissement avant 1970. Le secteur d'où provient l'artéfact serait associé à une cave ou un vide sanitaire d'une habitation double, possiblement construite après l'incendie du quartier Saint-Roch de 1845, et démolie avant 1910.

RÉFÉRENCES

Castonguay Dandenault & Associés Inc. Démantèlement et réhabilitation du poste de la Reine. Rue Prince-Édouard à Québec. Surveillance et fouilles archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Hydro-Québec, 2019. s.p.