Laboratoire d'archéologie du Québec
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Peigne à coiffure. Vue générale - DessusImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Peigne à coiffure. DessousImage
Photo : Léa Duflos 2025, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-579 > Opération 5 > Sous-opération A > Lot 2 > Numéro de catalogue 3

Contexte(s) archéologique(s)

Domestique

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le peigne à coiffure a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il témoigne des avancées technologiques dans le domaine des matières synthétiques au cours du dernier quart du XIXe siècle. Il a également été choisi parce qu'il s'agit d'un artéfact issu de la sphère domestique privée qui n'est pas communément retrouvé en aussi bon état en contexte archéologique.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le peigne à coiffure est moulé en matière plastique, possiblement du celluloïd ou nitrate de cellulose, entre 1862 et 1910, probablement en Amérique du Nord. La matière présente des tons de brun ambré imitant l'écaille de tortue. Le peigne comprend deux grandes dents aux extrémités, et onze plus petites dents au centre. L'artéfact est courbé, ce qui pourrait résulter de la dégradation de la matière plastique. Le peigne à coiffure est un accessoire capillaire à la fois utilitaire servant à démêler les cheveux.

Le celluloïd, ou nitrate de cellulose, est un plastique inventé en 1862 par Alexander Parkes (1813-1890). La matière est rapidement utilisée pour la production d'une grande variété de produits : parures, bijoux, jouets, manches de brosse à dents, miroirs à main, brosses à cheveux, etc. L'aspect économique et polyvalent du celluloïd en fait un matériau très utilisé, notamment pour en remplacer d'autres, plus coûteux ou moins accessibles. Il est également utilisé dans l'industrie du cinéma pour la production des films. Toutefois, le nitrate de cellulose est très inflammable et est remplacé par d'autres matériaux synthétiques plus sécuritaires, dont l'acétate de cellulose en 1894 (premier brevet) et la bakélite en 1909.

Le peigne à coiffure a été mis au jour en 2018 sur le site archéologique du poste de la Reine, situé dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Les fouilles ont permis de découvrir une soixantaine de structures dont six fosses de latrines, ainsi qu'une collection de plus de 6 000 artéfacts. Ceux-ci témoignent des activités quotidiennes des résidents du secteur entre le XVIIIe et la fin du XIXe siècle, où les fonctions résidentielles et commerciales s'entremêlent. En 1894, l'acquisition des lots résidentiels par la Montmorency Electric Power Co. marque le début d'une nouvelle ère industrielle de production d'électricité sur ce site. Le poste connait plusieurs propriétaires au cours du XXe siècle, dont la Quebec Railway, Light, Heat and Power Company. En 1963, lors de la deuxième nationalisation des compagnies d'électricité, Hydro-Québec acquiert le poste. Depuis sa mise en service jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, ce poste, par lequel transite la charge alimentant les seize districts du réseau, demeure le plus important du réseau de Québec. Le poste de la Reine cesse ses activités en 2016; il s'agissait du plus vieux poste de transformation hydroélectrique au pays. L'intervention archéologique est réalisée au cours du démantèlement du poste.

Le peigne à coiffure provient de l'opération 5, qui est située dans la partie nord-est du site archéologique. L'ensemble des vestiges retrouvés dans cette opération ont été mis en relation avec les occupations domestiques donnant sur la rue Monseigneur-Gauvreau. Lors de l'expansion de la Quebec Railways Light, Heat and Power Company, certains bâtiments acquis sont démolis pour faire place à un poste de contrôle, un édifice abritant les contrôles de la basse tension et finalement un bassin de refroidissement avant 1970. Le secteur d'où provient l'artéfact serait associé à une cave ou un vide sanitaire d'une habitation double, possiblement construite après l'incendie du quartier Saint-Roch de 1845, et démolie avant 1910.

RÉFÉRENCES

Castonguay Dandenault & Associés Inc. Démantèlement et réhabilitation du poste de la Reine. Rue Prince-Édouard à Québec. Surveillance et fouilles archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Hydro-Québec, 2019. s.p.