Laboratoire d'archéologie du Québec
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Fiole pharmaceutique. Vue généraleImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Fiole pharmaceutique. Côté AImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Fiole pharmaceutique. Côté BImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Fiole pharmaceutique. DessusImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Fiole pharmaceutique. DessousImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Fiole pharmaceutique. Détail de l'inscriptionImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-80 > Opération 13 > Sous-opération D > Lot 32 > Numéro de catalogue 37

Contexte(s) archéologique(s)

Citerne
Religieux

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La fiole pharmaceutique a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle a été retrouvée sur le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec. Elle a également été choisie parce qu'elle témoigne des fonctions hospitalières des lieux.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La fiole pharmaceutique en verre incolore sans plomb est soufflée dans un moule en deux parties avec base séparée, à Paris, entre 1870 et le début des années 1900. Ce contenant cylindrique à dix pans plats sert à conserver un médicament sous forme de pilules. D'après les inscriptions moulées en relief sur le corps, cette fiole contient du Santal Midy, un médicament utilisé pour le traitement des maladies vénériennes et urinaires.

Ce médicament est composé d'huile de bois de santal sous forme de capsules. Il devient populaire vers 1870 dans le traitement de maladies vénériennes comme la gonorrhée et le traitement des infections urinaires. Il s'agit d'un produit français initialement fabriqué par le pharmacien F. Rigaud, établi à Paris grâce au laboratoire pharmaceutique du chimiste Midy, pionnier de la méthode d'extraction de l'huile de bois de santal. Ce médicament est introduit aux États-Unis en 1880 par le biais de la société pharmaceutique new-yorkaise E. Fougera & Company. Les comprimés de Santal Midy sont commercialisés en tant que remède contre la gonorrhée auprès de la communauté médicale, mais il n'existe pas de réel remède contre cette maladie avant 1921. Les médicaments existant avant cette date ne font qu'atténuer les symptômes. L'huile de bois de santal est un traitement connu pour de nombreux maux, agissant comme un diurétique. Il est également considéré comme un antiseptique, un expectorant, une aide aux troubles digestifs et un analgésique. La firme de Rigaud rencontre plusieurs difficultés avec ses publicités, considérées comme indécentes et inexactes. Leur produit fait également l'objet d'imitations. Au cours des années 1920 et 1930, Rigaud continue à fabriquer du Santal Midy aux États-Unis sous plusieurs noms différents. À la fin des années 1930, le médicament change de vocation en permettant simplement de soulager la douleur et les courbatures. Il est encore produit en 1939, mais la date de fin de sa commercialisation demeure inconnue.

La fiole pharmaceutique est mise au jour entre 2013 et 2014 sur le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec, à Québec. Marie-Madeleine de Vignerot du Pont-de-Courlay, marquise de Combalet, future duchesse d'Aiguillon et nièce du cardinal de Richelieu, acquiert une concession initiale de douze arpents dans la Haute-Ville de Québec pour y établir un hôpital géré par la communauté des Augustines de Dieppe. Trois jeunes femmes françaises débarquent à Québec le 1er août 1639 et fondent L'Hôtel-Dieu de Québec, qui devient alors le premier hôpital en Amérique situé au nord du Mexique. Les Augustines jettent ainsi les bases du système de santé actuel au Québec. Depuis lors, plusieurs bâtiments sont ajoutés, formant ainsi un important complexe hospitalier et monastique, et ce, malgré un important incendie qui frappe le complexe le 7 juin 1755. Le monastère est également réquisitionné par les soldats britanniques durant la Conquête. Ces derniers occupent les lieux de 1759 à 1784, y laissant plusieurs traces matérielles. En 1955-1956, le site voit la construction d'un hôpital moderne qui est ensuite intégré au Centre hospitalier de Québec en 1995.

L'objet a été récupéré dans des sols se trouvant à l'intérieur d'une citerne. Celle-ci a été installée au cours de la période française afin de contenir l'eau utilisée pour la buanderie du monastère. Elle a été réparée après l'incendie de 1755, puis continue d'être utilisée tout au long du XIXe siècle. La fouille de cet épais dépôt a mis au jour une grande quantité d'objets, souvent complets, datant de la toute fin du XVIIIe siècle et du début du XXe siècle. La plupart des objets retrouvés dans la citerne semblent témoigner de son utilisation comme zone de rejets domestiques.

RÉFÉRENCES

Artefactuel. Intervention archéologique dans le jardin des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (CeEt-80). Vérification de l'état des fondations du mur Charlevoix. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, 2019. 33 p.
Ethnoscop inc. Lieu de mémoire habité des Augustines (CeEt-80). Étude de potentiel et inventaire archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, 2016. 104 p.
La Fiducie du patrimoine culturel des Augustines. Leur histoire [En Ligne]. http://www.augustines.ca/fr/augustines
s.a. Bay Bottles [En Ligne]. https://baybottles.com/