Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouteille graduée. Vue généraleImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille graduée. FaceImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille graduée. CôtéImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille graduée. DessusImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille graduée. DessousImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille graduée. Détail de l'inscription sur la face avantImage
Photo : Mathieu Landry 2021, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CfEs-4 > Opération 1BP > Numéro de catalogue 1A1

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille graduée a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle témoigne de la diversité des bouteilles pharmaceutiques offertes sur le marché au XXe siècle. Cette bouteille illustre également, par sa fabrication à la machine Owens, les avancées technologiques effectuées en matière de fabrication de contenants en verre au XXe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille graduée en verre incolore est un contenant à usage pharmaceutique fabriqué au cours du deuxième quart du XXe siècle par la compagnie canadienne Dominion Glass Co, d'après le logo moulé en relief sous la bouteille. En effet, la lettre « D » insérée dans un losange est utilisée par celle-ci à partir de 1928. Les traces de moulage visibles sur la bouteille indiquent qu'elle est fabriquée de manière automatisée à la machine de type « Owens ». La Dominion Glass Co utilise ces machines jusqu'en 1950 environ.

La bouteille graduée est mise au jour en 1972 sur le site archéologique du moulin du Petit-Pré, situé à Château-Richer. En 1668, Mgr François de Laval (1623-1708) acquiert la terre afin d'y implanter un moulin à farine, qu'il cède au Séminaire de Québec. Fait de pierre, le moulin est construit de 1695 à 1696. Il est doté de deux étages et deux moulanges à farine. Le moulin se transforme rapidement en un complexe industriel de grande envergure, comprenant un bâtiment secondaire en colombage, des hangars, un grand magasin à blé, des greniers, des écuries, et une grange. Bien qu'un incendie l'endommage en 1705, les opérations reprennent de plus belle. La rivière Lottinville ne suffisant plus à l'alimenter, des travaux de canalisation sont entrepris dès 1732 pour y faire déverser une partie de la rivière Laval, et une rallonge est ajoutée entre 1742 et 1744. Détruit pendant la Conquête, le moulin du Petit-Pré est reconstruit avec les matériaux récupérés de celui du Sault-à-la-Puce. Le Séminaire se désintéresse ensuite du moulin à partir de 1856, et le vend en 1871 à Georges Benson Hall. Un troisième incendie abime le moulin vers 1877. Richard Tremblay rachète alors la propriété, reconstruisant le moulin sur les mêmes fondations. Changeant de mains régulièrement par la suite, le moulin du Petit-Pré est acquis en 1965 par le ministère des Affaires culturelles. Des fouilles archéologiques sont effectuées en 1973, puis les murs extérieurs sont restaurés. En 1984, le Centre d'interprétation de la Côte-de-Beaupré s'y installe, puis le moulin est acheté par le groupe Gestion Promiel en 1995. Ce dernier souhaitait redonner sa fonction d'origine au bâtiment. Ayant remporté plusieurs prix, cet attrait a depuis fermé ses portes. Demeuré vacant de nombreuses années, le moulin a récemment été racheté et est aujourd'hui une propriété privée.

RÉFÉRENCES

CLOUTIER, Jean-Pierre. Travaux et recherches au moulin du Petit-Pré, Château-Richer, CfEs-4. Rapport de recherche archéologique [document inédit], MAC, 1972. 19 p.
JONES, Olive R. et Catherine SULLIVAN. Glossaire du verre de Parcs Canada décrivant les contenants, la verrerie de table, les dispositifs de fermeture et le verre plat. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, Parcs Canada, Environnement Canada, 1985. 185 p.
LINDSEY, Bill. Historic Glass Bottle Identification & Information Website [En Ligne]. https://sha.org/bottle/index.htm
MILLER, George L. et Catherine SULLIVAN. « Machine-Made Glass Containers and the End of Production for Mouth-Blown Bottles ». Historical Archaeology. Vol. 18, no 2 (1984), p. 83-96.