Laboratoire d'archéologie du Québec
< RETOUR À LA RECHERCHE
Bouteille d'eau purgative. Vue généraleImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'eau purgative. Côté AImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'eau purgative. Côté BImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'eau purgative. DessusImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'eau purgative. DessousImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille d'eau purgative. Détail de l'inscriptionImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BjFj-8 > Opération 8 > Sous-opération A > Lot 1 > Numéro de catalogue 116

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille à eau purgative a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle témoigne de la variété des bouteilles pharmaceutiques disponibles sur le marché au tournant du XXe siècle. De plus, cette bouteille illustre, par sa fabrication au moule en deux parties, les avancées technologiques effectuées en matière de fabrication des contenants en verre au XXe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La bouteille à eau purgative en verre transparent de couleur vert foncé est fabriquée par soufflage au moule au début du XXe siècle en Europe, probablement en France.

La bouteille à eau purgative est un contenant à usage pharmaceutique. D'après les inscriptions moulées sur le corps, la bouteille contient de l'eau de Carabana, un laxatif puissant naturellement riche en sulfates de soude. Une première publicité mentionnant les eaux de Carabana parait dans la Revue des deux mondes en 1894. Elles sont vendues au 22, rue de la Chaussée d'Antin, à Paris, adresse de la Compagnie des eaux minérales de Pougues. Bien que la vente des eaux de Carabana soit autorisée en Espagne à partir de 1883, ce n'est qu'en 1885 que l'Académie nationale de médecine approuve son exploitation sur le territoire français. Cette eau purgative provient de la source de la Salud en Espagne, située à environ 2 km de Carabana dans la province de Madrid. Une fois prélevée, l'eau est transportée en tonneaux de 250 litres en train jusqu'en France pour y être embouteillée. Cette façon de faire est privilégiée, car elle permet de favoriser les fabriques de bouteilles françaises. Avant d'être embouteillée, l'eau est aérée pendant 8 à 30 jours dans des cuves, puis filtrée dans une atmosphère d'acide carbonique. Une usine d'embouteillage est ultérieurement bâtie à Carabana, et elle est toujours en fonction aujourd'hui.

La bouteille à eau purgative est mise au jour en 2012 sur le parc archéologique de la Baronnie de Longueuil, dans un contexte associé à la première église. Ce site, circonscrit par le chemin de Chambly, la rue Saint-Charles Est, la rue Bord de l'Eau et la rue Saint-Antoine, porte les traces de l'histoire de l'établissement de Longueuil et remonte à plus de 2 000 ans. L'occupation européenne débute en 1657, avec la concession de la première partie de la seigneurie à Charles Le Moyne (1626-1685). Vers 1695, son fils homonyme (1656-1729) et futur baron fait construire un fort en pierre afin de protéger ses censitaires des attaques iroquoises qui font rage durant la seconde moitié du XVIIe siècle. Plusieurs bâtiments se trouvent à l'intérieur des murs, tels qu'une maison, une chapelle, une écurie, une laiterie, un corps de garde, une bergerie, une étable et une grange. Le château est occupé par des troupes américaines durant la guerre d'Indépendance en 1776. Abandonné par la suite, le château est détruit en 1810. En plus des vestiges du château, ce site comprend ceux d'un moulin à vent, de la première église de Longueuil et son cimetière, d'un moulin à eau, d'un four à chaux, d'une caserne de pompier et de plusieurs habitations. En tout, ce sont sept fouilles archéologiques qui sont effectuées sur ce site.

RÉFÉRENCES

JONES, Olive R. et Catherine SULLIVAN. Glossaire du verre de Parcs Canada décrivant les contenants, la verrerie de table, les dispositifs de fermeture et le verre plat. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, Parcs Canada, Environnement Canada, 1985. 185 p.
LINDSEY, Bill. Historic Glass Bottle Identification & Information Website [En Ligne]. https://sha.org/bottle/index.htm
MILLER, George L. et Catherine SULLIVAN. « Machine-Made Glass Containers and the End of Production for Mouth-Blown Bottles ». Historical Archaeology. Vol. 18, no 2 (1984), p. 83-96.