Laboratoire d'archéologie du Québec
< RETOUR À LA RECHERCHE
Bijou ou bouton. Vue à l'horizontale AImage
Photo : Olivier Lalonde 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bijou ou bouton. Vue à l'horizontale BImage
Photo : Olivier Lalonde 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bijou ou bouton. Vue du trou d'enfilageImage
Photo : Olivier Lalonde 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEw-1 > Opération 5 > Sous-opération B > Lot 7 > Numéro de catalogue 30

Contexte(s) archéologique(s)

Fort
Militaire

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le bijou ou bouton a été sélectionné pour la collection archéologique de référence, car il s'agit d'un objet de parure porté par les occupants du fort militaire Jacques-Cartier. De plus, la matière utilisée pour fabriquer cet objet, le jais, est rarement retrouvée en contexte archéologique sous le Régime français.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le bijou ou bouton est fabriqué en France durant la première moitié du XVIIIe siècle. L'objet en jais noir est de forme circulaire et est muni d'un dôme taillé de 18 facettes triangulaires plus ou moins régulières. La surface du bijou ou bouton est polie après la taille des facettes. Deux perforations horizontales perpendiculaires traversent l'objet près de la base, qui est droite. Ces quatre trous peuvent servir à sertir ou à fixer cette parure à un anneau, à une forme métallique, ou encore à la coudre sur un vêtement comme bouton.

Le bijou ou bouton est un objet de parure vestimentaire ou de joaillerie, vraisemblablement emporté en Nouvelle-France, au fort Jacques-Cartier, par un militaire. S'il s'agit d'un bijou, sa couleur noire suggère qu'il pourrait être une parure de deuil, possiblement conservée par un occupant en souvenir d'un proche décédé. S'il s'agit d'un bouton, l'objet est un accessoire vestimentaire fait de matière dure qui est cousu aux vêtements afin d'en attacher les différentes parties.

Le fort est construit à la fin du mois de septembre 1759, suivant la chute de la ville de Québec. Ce fort sert de lieu d'hivernement pour les troupes françaises, ainsi que de base pour des expéditions de reconnaissance dans les environs de Québec afin de déterminer les positions des troupes britanniques ennemies et ainsi nuire aux préparatifs de leur campagne militaire suivante. Le site sert également de centre stratégique pour les préparatifs d'une contre-attaque sur la ville de Québec prévue au printemps 1760 et connue sous le nom de la bataille de Sainte-Foy. Malgré la victoire française, la ville n'est pas reprise, et les troupes retournent au fort Jacques-Cartier avant d'être dispersées sur d'autres fronts. Seule une garnison demeure au fort, jusqu'à la capitulation de Montréal en septembre 1760. Les Français sont alors évacués par les troupes britanniques victorieuses.

Le bijou ou bouton a été mis au jour en 2004 sur le site du fort Jacques-Cartier, à Cap-Santé. Le matériau noir de cet objet ressemble au jais ou au verre opaque noir, donc, peu après sa découverte, l'objet a été analysé par Parcs Canada, afin d'en déterminer la matière. Les analyses ont confirmé qu'il s'agit bien d'un objet en jais. Cette matière, aussi connue sous le nom d'ambre noir ou d'ébène fossile, est peu retrouvée en contexte archéologique sous le Régime français. L'utilisation du jais dans la fabrication de bijoux s'est grandement répandue à l'époque victorienne (1832-1901).

RÉFÉRENCES

MARIER, Christiane. Les menus objets de Place-Royale. Collection Patrimoines, série Dossiers, 95. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1996. 529 p.
SANTERRE, Simon. Histoire et archéologie du fort Jacques-Cartier : 1759, 1760, son rôle dans la défense de la colonie après la prise de Québec. Université Laval, 2008. 212 p.
SANTERRE, Simon. Le fort Jacques-Cartier, l'un des derniers bastions de la résistance française en Amérique du Nord. Résultats de l'intervention archéologique de 2004 (CeEw-1). Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2005. 134 p.