Laboratoiree d'archéologie du Québec
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Écuelle. Vue généraleImage
Photo : Alain Vandal 2017, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Écuelle. Vue de dessusImage
Photo : Alain Vandal 2017, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Écuelle. Vue de dessusImage
Photo : Véronique Marengère 2019, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Écuelle. Vue de dessousImage
Photo : Véronique Marengère 2019, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

EdBt-3 > Numéro de catalogue 1538

Région administrative

Côte-Nord

MRC

Le Golfe-du-Saint-Laurent

Municipalité

Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent

Fonction du site

domestique
pêche

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

L'écuelle en majolique hispano-mauresque fait partie de la collection archéologique de référence du Québec, car elle constitue un exemple d'objet en majolique hispano-mauresque, un élément de culture matérielle plutôt rare au Québec qui peut servir autant de marqueur temporel que culturel. Grâce à la fin subite de la production de ce type d'écuelle à Muel au début du XVIIe siècle, cet objet de céramique offre une datation relativement précise. En conséquence, l'écuelle permet aussi de raffiner la datation d'autres objets retrouvés dans le même contexte. Elle peut également témoigner d'une présence basque ou espagnole sur un site, comme à l'île du Petit Mécatina.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

L'écuelle en majolique espagnole est typique de la production de Muel, village potier espagnol situé à proximité de Saragosse, en Aragon. De tradition hispano-mauresque, sa production peut être datée de la période allant du deuxième tiers du XVIe siècle à 1610. Les potiers de Muel étaient des Morisques, un groupe ethnique descendant des anciens conquérants musulmans de l'Espagne, christianisés après la reconquête du territoire espagnol en 1492. L'année 1610 marque l'année de leur expulsion de l'Aragon par la couronne espagnole, menant à l'abandon du village de Muel et à la fin subite de cette tradition potière vieille de plusieurs siècles. Lors de la découverte d'une céramique de Muel, cet événement historique fournit aux archéologues un marqueur de datation exceptionnellement précis.

L'écuelle a vraisemblablement voyagé à l'île du Petit Mécatina sur la Basse-Côte-Nord du Québec à bord d'un baleinier ou d'un bateau de pêche basque. Elle faisait probablement partie des effets personnels de l'un des membres de l'équipage. Perdue ou jetée par son propriétaire lors de son séjour sur le lieu de pêche de l'île du Petit Mécatina, l'écuelle présente aujourd'hui un émail ébréché sur le rebord et des marques d'usure sur le point d'appui. De façon générale, l'émail a un aspect mat, probablement en raison de son séjour sous l'eau. La surface intérieure était d'ailleurs recouverte d'organismes marins.

Gisant à la surface du fond marin entre deux monticules de pierres de lest, l'écuelle est trouvée à l'été 2007 lors d'une intervention subaquatique à l'île du Petit Mécatina.

L'écuelle maintenant restaurée fait partie de l'exposition itinérante « Fragments d'humanité. Archéologie du Québec » depuis 2016.

RÉFÉRENCES

ALVARO ZAMORA, María Isabel. Cerámica aragonesa. Vol. 2. Zaragoza, Ibercaja, 2002. 255 p.
FITZHUGH, William W. et Erik PHANEUF. The Gateways Project 2007. Land and Underwater Excavations at Hare Harbour, Mécatina. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Artic Studies Center, 2008. 117 p.
FITZHUGH, William W., Anja HERZOG, Brenna MCLEOD et Sophia PERDIKARIS. « Ship to Shore: Inuit, Early Europeans, and Maritime Landscapes in the Northern Gulf of St. Lawrence ». FORD, Ben, dir. The Archaeology of Maritime Landscapes (When the Land Meets the Sea). New York, Springer, 2011, p. 99-128.
HERZOG, Anja. « L’Île du Petit Mécatina sur la Basse-Côte-Nord du Québec - résultats préliminaires des analyses céramiques d’un site voué aux activités de pêche saisonnière dans le Golfe du Saint-Laurent entre le XVIe et le XVIIIe siècle ». PENDERY, Steven R. et Fabienne RAVOIRE. Migrations, transferts et échanges de part et d'autre de l'Atlantique. Histoire et Archéologie des XVIe et XVIIe siècles. Québec, Éditions du CTHS, 2011, p. 121-141.
HURST, John G., David S. NEAL et H. J. E. VAN BEUNINGEN. Pottery Produced and Traded in North-West Europe 1350-1650. Rotterdam papers, VI. Rotterdam, Stichting Het Nederlandse Gebruiksvoorwerp, 1986. 281 p.
MYLES, Virginia. « Majolique espagnole des sites subaquatique et terrestre ». BERNIER, Marc-André, Robert GRENIER et Willis STEVENS. L'archéologie subaquatique de Red Bay : la construction navale et la pêche de la baleine basques au XVIe siècle. Ottawa, Parcs Canada, 2007, p. 120-130.
POTHIER, Louise, dir. Fragments d'humanité : pièces de collection. Archéologie du Québec. Montréal, Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal / Édition de l'Homme, 2016. 152 p.