Laboratoire d'archéologie du Québec
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Bouteille à boisson alcoolisée de forme « pot de fleurs » à épaule allongée. Vue générale, côté AImage
Photo : Émilie Deschênes 2017, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Bouteille à boisson alcoolisée de forme « pot de fleurs » à épaule allongée. Vue latérale, côté BImage
Photo : Émilie Deschênes 2017, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-61 > Opération 1 > Sous-opération L > Lot 1 > Numéro de catalogue 468

Contexte(s) archéologique(s)

Latrines

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La bouteille à boisson alcoolisée de forme « pot de fleurs » à épaule allongée fait partie de la collection archéologique de référence du Québec parce qu'elle constitue une variante d'un type de bouteille fabriqué en France au milieu du XVIIIe siècle.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Cette bouteille à boisson alcoolisée de forme « pot de fleurs » à épaule allongée a été mise au jour sur le site de la maison Perthuis, dans le secteur de Place-Royale à Québec. L'objet a probablement été fabriqué en France au XVIIIe siècle. Il s'apparente au type de bouteille dit de forme « pot de fleurs », ainsi nommé parce que la base du contenant est plus étroite que l'épaule, à la manière d'un pot à fleurs en terre cuite. Ce type apparaît en France après le type globulaire à long col, probablement au début des années 1730. Les premiers modèles du type « pot de fleurs » ont un col court, qui est allongé à partir des années 1760 ou 1770. Cette bouteille, qui présente un col court, est donc antérieure à cette période. Ses formes sont toutefois moins accusées que les exemples les plus représentatifs du type « pot de fleurs ».

Le sommet du goulot de cette bouteille a été poli au feu. Le contenant ayant une capacité totale d'environ 800 ml à un litre, il s'agit d'un grand format pour ce type.

Ce type de bouteille aurait servi au vieillissement du vin. Cette pratique se développe en Angleterre au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, l'île ne produisant alors plus de vin et devant importer du continent celui qu'elle consomme. L'embouteillage du vin permet non seulement d'en prolonger la durée de vie, mais il en bonifie aussi le goût. Ce type de bouteille aurait été entreposé couché sur le côté. Cette façon de faire permet de conserver le bouchon humide, empêchant ainsi l'air de pénétrer dans la bouteille et d'en altérer le contenu.

En plus de servir au vieillissement du vin, la bouteille est utilisée pour transporter le vin à la table depuis le cellier et pour en faire le service. La carafe pour le service du vin à la table apparaît au cours du XVIIIe siècle. Elle peut être remplie à partir d'une telle bouteille.

RÉFÉRENCES

BOSSCHE, Willy Van den. Antique glass bottles : their history and evolution (1500-1850). Woodbridge, Antique Collector's Club, 2001. 439 p.
BOUNEAU, Christophe, dir. et Michel FIGEAC, dir. Le verre et le vin de la cave à la table du XVIIe siècle à nos jours. Pessac, Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, 2007. 418 p.
L'ANGLAIS, Paul-Gaston. Les modes de vie à Québec et à Louisbourg au milieu du XVIIIe siècle à partir de collections archéologiques. Collection Patrimoines, série Dossiers, 86. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1994. s.p.
L'ANGLAIS, Paul. « Les latrines de la maison Perthuis à Québec. Révision de la datation du dépôt d'artefacts ». Mémoires vives: revue québécoise d'archéologie historique. Vol. 3 (1992), p. 13-18.
LAPOINTE, Camille et Richard LUEGER. Le verre et les terres cuites communes de la maison Perthuis à Place-Royale. Collection Patrimoines, série Dossiers, 101. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1997. 243 p.
PITTE, Jean-Robert. La bouteille de vin : histoire d'une révolution. Paris, Tallandier, 2013. 310 p.