Laboratoire d'archéologie du Québec
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Pipette. Côté AImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Pipette. Côté BImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-80 > Opération 9 > Sous-opération A > Lot 5 > Numéro de catalogue 5

Contexte(s) archéologique(s)

Drain

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La pipette a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle a été retrouvée sur le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec. Elle a aussi été choisie parce qu'elle témoigne des fonctions hospitalières des lieux.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La pipette en verre incolore sans plomb est soufflée dans un moule et est utilisée entre 1850 et 1950 à Québec, en Amérique du Nord. Il s'agit d'un outil de laboratoire utilisé en chimie, en biologie et en médecine pour prélever, mesurer et transporter du liquide par aspiration dans le tube.

La pipette Pasteur serait inventée par Louis Pasteur (1822-1895), fondateur de la microbiologie médicale et inventeur de la pasteurisation, à la fin du XVIIIe siècle. Toutefois, vers la même époque, le chimiste et pharmacien français François Descroizilles (1751-1825) met au point un instrument considéré comme précurseur à la pipette. Le but est alors de réduire la contamination lors du transfert d'échantillons. Ces prélèvements liquides se font par aspiration à la bouche par l'utilisation de longs tubes de verre minces. Il s'agit d'une méthode dangereuse qui cesse vers 1950 avec l'invention, par Henrich Schnitger (1925-1964), de la pipette moderne munie d'un piston. Les pipettes peuvent également être nommées compte-gouttes chimiques et être munies d'une poire à presser pour aspirer le liquide.

La pipette est mise au jour en 2012 sur le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec, à Québec. Marie-Madeleine de Vignerot du Pont-de-Courlay, marquise de Combalet, future duchesse d'Aiguillon et nièce du cardinal de Richelieu, acquiert une concession initiale de 12 arpents dans la Haute-Ville de Québec pour y établir un hôpital géré par la communauté des Augustines de Dieppe. Trois jeunes femmes françaises débarquent à Québec le 1er août 1639 et fondent L'Hôtel-Dieu de Québec, qui devient alors le premier hôpital en Amérique situé au nord du Mexique. Les Augustines jettent ainsi les bases du système de santé actuel au Québec. Depuis lors, plusieurs bâtiments sont ajoutés, formant ainsi un important complexe hospitalier et monastique, et ce, malgré un important incendie qui frappe le complexe le 7 juin 1755. Le monastère est également réquisitionné par les soldats britanniques durant la Conquête. Ces derniers occupent les lieux de 1759 à 1784, y laissant plusieurs traces matérielles. En 1955-1956, le site voit la construction d'un hôpital moderne qui est ensuite intégré au Centre hospitalier de Québec en 1995.

La pipette a été retrouvée dans un drain d'évacuation des eaux usées et des déchets en provenance de l'hôpital au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle.

RÉFÉRENCES

Artefactuel. CeEt-80, Monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec, rapport de l'intervention de 2012. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, 2014. 88 p.
Artefactuel. Le Monastère se dévoile: Interventions archéologiques 2013-2015 au site du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec (CeEt-80). Rapport de recherche archéologique [document inédit], Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, 2016. 812 p.
Ethnoscop inc. Lieu de mémoire habité des Augustines (CeEt-80). Étude de potentiel et inventaire archéologiques. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, 2016. 104 p.