Laboratoire d'archéologie du Québec
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Perle. Vue du trou d'enfilageImage
Photo : Patricia Lachapelle 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Perle. Côté AImage
Photo : Patricia Lachapelle 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Perle. Côté BImage
Photo : Patricia Lachapelle 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Perle. Côté CImage
Photo : Patricia Lachapelle 2020, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CaFe-7 > Opération 6 > Sous-opération B > Lot 55 > Numéro de catalogue 20

Contexte(s) archéologique(s)

Fosse
Maison longue
Village autochtone

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La perle a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car il s'agit de la seule perle de type « frit-core » mise au jour sur le site du fort Abénakis, qui est aussi représentative du type 6, selon une nouvelle typologie élaborée par Karklins et Bonneau (2018). Elle a également été choisie parce qu'elle est représentative de la culture W8banaki (abénaquise). En effet, le perlage est un savoir-faire traditionnel encore pratiqué de nos jours.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La perle « frit-core » de type 6 – selon la typologie élaborée par Karklins et Bonneau en 2018 – est fabriquée en Europe selon un procédé encore méconnu. Le terme « frit-core » fait référence au coeur de la perle, qui est constitué d'une pâte vitreuse appelée « frite ». Cette pâte est composée de sable ou de quartz concassé, puis est recouverte de verre opaque de couleur bleue. Ce type de perles est connu en Asie, notamment en Chine, et en Afrique durant l'Antiquité. Des perles de ce type sont fabriquées en Europe et cette technique semble perdurer jusqu'au XVIIe siècle, moment où elles sont importées en Amérique du Nord afin d'être échangées avec les Autochtones. Les perles « frit-core » sont très rares en Amérique du Nord et seules quelques-unes ont été découvertes au Québec. Elles sont probablement importées en Nouvelle-France à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle.

Les perles de verre sont importées en Amérique du Nord par les Européens et servent surtout aux échanges avec les Autochtones. Ceux-ci les utilisent comme monnaie d'échange et comme parure pour la confection de bijoux, de vêtements (broderie) et de ceintures. En plus de ces usages, les Européens s'en servent pour la dévotion dans la conception de chapelets et la décoration des intérieurs (guirlandes, chandeliers).

La perle est mise au jour entre 2011 et 2014 sur le site du fort Abénakis, à Odanak. Elle a été retrouvée dans une fosse contenant des perles de coquillages de type « wampum », des éclats de chert et deux concrétions calcaires (man8gemasak). Parmi les milliers de perles de verre mises au jour sur ce site, elle est la seule de type « frit-core ». La perle a été altérée par le feu, causant une certaine porosité.

Afin de situer l'occupation du site du fort Abénakis, certaines datations ont été réalisées au moyen d'analyses au carbone 14. Elles ont été effectuées sur des fragments de charbon et des grains de maïs carbonisés retrouvés dans certaines fosses du site. Les analyses ont révélé différentes datations, dont la plus ancienne se situe entre 1522 et 1620 (1571 ± 49). Ces résultats suggèrent que le fort Abénakis a été occupé en continu par les W8banakiak (Abénaquis), possiblement à compter des années 1522 ou un peu plus tard. L'occupation s'est ensuite poursuivie jusqu'à l'arrivée des Français dans la région, qui y établissent une mission en 1704. Bien que cette dernière ait été incendiée en 1759, l'occupation du site par les W8banakiak (Abénaquis) s'est tout de même poursuivie et elle perdure encore aujourd'hui.

RÉFÉRENCES

BONNEAU, Adelphine et Karlis KARKLINS. « More on frit-core beads in North America ». BEADS: Journal of the Society of Bead Researchers. No 30 (2018), p. 55-59.