Laboratoiree d'archéologie du Québec
< RETOUR À LA RECHERCHE
Jeton. AversImage
Photo : Émilie Deschênes 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Jeton. ReversImage
Photo : Émilie Deschênes 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEu-4 > Opération 89 > Sous-opération A > Lot 4b > Numéro de catalogue 355

Contexte(s) archéologique(s)

Incendie

Région administrative

Capitale-Nationale

MRC

Québec

Municipalité

Québec

Fonction du site

militaire
domestique
institutionnelle
agricole

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le jeton fait partie de la collection archéologique de référence du Québec parce qu'il s'agit d'un très rare exemplaire de jeton dit « de Nuremberg » dans les collections archéologiques québécoises.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Ce jeton de compte en laiton est frappé avant 1541 à Nuremberg, en Allemagne. Les jetons de compte sont des instruments de comptage et de calcul dont l'usage en France remonte au XIVe siècle. Assez abondant durant le Moyen Âge, ce type d'objet est le plus fréquent à partir du XVIe siècle et pendant la première moitié du siècle suivant, alors que les orfèvres de Nuremberg inondent les marchés européens de leur production.

Les premiers jetons de Nuremberg, apparus vers 1490, imitent d'abord les jetons français de la fin du Moyen Âge avant d'adopter leur propre iconographie. Le type de jeton de Nuremberg qui devient le plus fréquent apparaît au début du XVIe siècle, soit le jeton dit « à l'orbe », comme cet exemplaire. Il affiche sur une face le globe crucigère germanique, ou orbe, c'est-à-dire un globe surmonté d'une croix et constituant un insigne royal. Le jeton à l'orbe présente habituellement sur l'autre face une rosette entourée de couronnelles et de lis. Ces motifs sont généralement entourés de légendes indiquant le nom des maîtres orfèvres et diverses devises allemandes.

Mesurant 2,45 cm de diamètre, ce jeton est frappé au marteau selon une technique artisanale. Son contour est inégal. Il affiche à l'avers un globe crucigère à l'intérieur d'un double trilobe à redents, tandis que son revers est illisible.

Ce jeton a été mis au jour lors de fouilles sur le site archéologique Cartier-Roberval, à Québec. Il s'agit d'un très rare exemplaire de jeton dit « de Nuremberg » dans les collections archéologiques québécoises.

Un jeton du type « à l'orbe » a par ailleurs été mis au jour sur les épaves basques de Red Bay, au Labrador. Celles-ci datent du XVIe siècle. D'autres jetons de Nuremberg ont été trouvés sur le site de Martin's Hundred en Virginie, aux États-Unis, dans des contextes du début du XVIIe siècle.

RÉFÉRENCES

BERNIER, Marc-André, Robert GRENIER et Willis STEVENS. L'archéologie subaquatique de Red Bay : la construction navale et la pêche de la baleine basques au XVIe siècle. Vol. 2. Ottawa, Parcs Canada, 2007. 258 p.
FISET, Richard et Gilles SAMSON. Chantier archéologique Cartier-Roberval, Promontoire du cap Rouge (CeEu-4), Québec, Canada : rapport synthèse des fouilles 2007-2008. Québec, Ministère de la Culture et des Communications/Commission de la capitale nationale du Québec, 2013. 464 p.
TROMBETTA, Pierre-Jean. « Le monnayage ». DEPRAETÈRE-DARGERY, Monique, dir. Aspects méconnus de la Renaissance en Île-de-France. Paris/Guiry-en-Vexin, Somogy/Musée archéologique du Val-d'Oise, 1998, p. 277-289.