Laboratoire d'archéologie du Québec
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Canon de pistolet. Côté AImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Canon de pistolet. Côté BImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Canon de pistolet. Vue de devantImage
Photo : Mathieu Landry 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BjFj-101 > Opération 4 > Sous-opération B > Lot 43 > Numéro de catalogue 1570

Contexte(s) archéologique(s)

Fort

Région administrative

Montréal

MRC

Montréal

Municipalité

Montréal

Fonction du site

commerciale : poste de traite
religieuse
militaire
domestique
entreposage
halte, lieu de surveillance
agricole
institutionnelle
commerciale

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le canon de pistolet fait partie de la collection archéologique de référence du Québec parce qu'il a été trouvé sur le site du fort de Ville-Marie.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Ce canon de pistolet est fabriqué à partir d'une plaque de fer qui a été pliée et arrondie au marteau. L'âme du canon a probablement été ajustée avec un foret, puis des filets ont été tracés dans l'âme, à l'extrémité postérieure.

La culasse a été façonnée à la forge, puis des filets ont été tracés sur son tenon afin de la visser dans la partie postérieure du canon. La culasse de ce canon est perforée de deux trous, l'un de forme circulaire et l'autre de forme oblongue. Ces trous servent à maintenir le canon sur un fût en bois de pistolet, au moyen d'une goupille en fer. Comme une culasse ne demande qu'un seul trou de fixation, la présence de deux trous signifie que ce canon de pistolet a sans doute été installé sur deux armes différentes. L'un des trous étant de forme oblongue, il ne s'agit probablement pas de sa forme originale, car les goupilles en fer sont de petites tiges de section cylindrique. Il se peut que ce trou oblong ait été foré deux fois, pour accueillir deux goupilles différentes. L'ajustement des goupilles se fait alors à la main, avec une précision limitée.

Par ailleurs, la forme de la tête de cette culasse est inhabituelle. Il se peut qu'elle ait été fabriquée sur place, par l'un des armuriers établis au fort de Ville-Marie. Cette forme est également inhabituelle parmi les armes de poing de fabrication française.

La partie résiduelle du canon constitue sa portion postérieure, qui inclut la culasse. L'extrémité opposée conservée est droite, ce qui signifie qu'elle a été coupée volontairement. Ce travail n'a pu être fait que par un spécialiste bien équipé, probablement l'un des armuriers ayant travaillé au fort. Il se peut que le canon ait été coupé après avoir crevé lors d'un tir. Puisque c'est la portion postérieure du canon, encore muni de sa culasse, qui a été trouvée, il s'agit probablement de la portion que l'armurier désirait conserver. Il est possible que le bon état de la culasse ait motivé son choix. L'armurier du fort est à l'époque chargé d'entretenir et de réparer les armes servant à la protection du fort et à la chasse au gibier. La culasse de ce canon aurait pu servir pour fermer le canon d'un autre pistolet brisé.

Le petit diamètre de l'âme de ce canon permet de l'associer à un pistolet. Le pistolet est une arme de guerre utilisée pour les combats rapprochés, généralement lors du corps à corps ou pour assurer sa retraite. Il s'agit d'une arme personnelle, qui est souvent portée sur soi, glissée entre un ceinturon et le corps. Les pistolets sont souvent portés en paire, afin d'augmenter les chances de survie du tireur. Cette arme peut également servir à la chasse au petit gibier.

À l'époque de la Nouvelle-France, les armes longues d'épaule, comme les fusils, sont expédiées dans la colonie depuis la France dans des caisses en bois. Il se peut qu'il en ait été de même avec le pistolet dont faisait partie ce canon.

Ce canon de pistolet a été mis au jour en 2003 sur le site du fort de Ville-Marie, à Montréal. Ce fort est construit en 1642, agrandi en 1643 et abandonné à partir de 1665, à la suite du départ de Paul de Chomedey de Maisonneuve, l'un des fondateurs de Ville-Marie. Le contexte archéologique de l'objet semble postérieur à 1665, mais il demeure possible qu'il ait été utilisé à l'époque du fort. Le pistolet dont faisait partie ce fragment pourrait avoir armé l'un des occupants du fort. Tant les soldats que les civils peuvent posséder cette arme de poing.

De nombreuses balles dont le diamètre varie entre 9 et 10 mm, et qui pourraient donc avoir armé ce pistolet, ont été trouvées par les archéologues à l'intérieur du fort de Ville-Marie, de même que quelques pierres à pistolet en silex.

Une culasse d'une forme se rapprochant de celle-ci a été trouvée sur le site américain Dann, à Honeoye, dans l'État de New York, dans un contexte daté entre 1650 et 1675.

RÉFÉRENCES

BÉLANGER, Christian et Brad LOEWEN. Fouilles archéologiques dans l'îlot Callière à Montréal, BjFj-101. Rapport d'activités de 2003. Rapport de recherche archéologique [document inédit], MCCQ/Ville de Montréal/Pointe-à-Callière/Université de Montréal, 2004. 90 p.
BRUSETH, James E. et Toni S. TURNER. From a watery grave : the discovery and excavation of La Salle's shipwreck, La Belle. College Station, A&M University Press, 2005. 159 p.
HAMILTON, T.M. Colonial Frontier Guns. Union City, Pioneer Press, 1987. 176 p.
L'ANGLAIS, Paul-Gaston. Analyse de la collection archéologique pour fins d’interprétation, site BjFj-101, Fort de Ville-Marie / Domaine de Callière. [Document inédit], Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal, 2015. 107 p.