Laboratoire d'archéologie du Québec
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Fragments de cruche. Face externeImage
Photo : Hendrik Van Gijseghem 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Fragments de cruche. Face interneImage
Photo : Hendrik Van Gijseghem 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Fragments de cruche. Vue de dessusImage
Photo : Hendrik Van Gijseghem 2018, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

LOCALISATION

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

BjFj-101 > Opération 15 > Sous-opération F > Lot 10a > Numéro de catalogue 1454

Contexte(s) archéologique(s)

Fort

Région administrative

Montréal

MRC

Montréal

Municipalité

Montréal

Fonction du site

commerciale : poste de traite
religieuse
militaire
domestique
entreposage
halte, lieu de surveillance
agricole
institutionnelle
commerciale

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Les fragments de cruche font partie de la collection archéologique de référence du Québec parce qu'ils ont été trouvés sur le site du fort de Ville-Marie.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Ces fragments de cruche en grès grossier sont associés à un objet fabriqué en France. Les deux tessons constituent le col d'une cruche et comportent l'amorce d'un bec verseur. Leur surface interne est de couleur gris foncé et mate, tandis que leur surface externe est brun-roux, luisante par endroits et mate en d'autres. La cruche dont faisaient partie ces fragments a été fabriquée au tour de potier. Elle était pourvue d'une panse ovoïde ou en forme de poire inversée, avec une épaule arrondie surmontée d'un court col cylindrique à parois droites, sans lèvre. Le diamètre estimé de l'embouchure, excluant le bec verseur, est de 7 cm.

La production de grès débute en France au XIVe siècle et se poursuit jusqu'au XXe siècle. Les formes évoluent peu à partir du XVIIe siècle. La vitrification de cette céramique s'obtient par une cuisson à 1300 degrés Celsius.

La cruche en grès munie d'un bec verseur est utilisée pour le service d'aliments liquides ou de boissons froides ou tempérées, comme l'eau ou le vin.

Ces fragments de cruche ont été mis au jour en 2014 sur le site du fort de Ville-Marie, à Montréal. Ce fort est construit en 1642, agrandi en 1643 et abandonné à partir de 1665, à la suite du départ de Paul de Chomedey de Maisonneuve, l'un des fondateurs de Ville-Marie. Le contexte archéologique de l'artéfact semble postérieur à 1665, mais il demeure possible que la cruche ait été utilisée à l'époque du fort.

Le contenant d'origine a été cassé en de nombreux fragments, comme en témoigne le petit format des tessons trouvés. Cette fragmentation semble volontaire, car un contenant en grès est résistant. L'objet a été en contact avec une source de chaleur après avoir été cassé.

Un seul contenant de cette forme a été trouvé sur le site du fort de Ville-Marie.

RÉFÉRENCES

BERTAUX, Jean-Jacques. De l'usuel à l'inutile : poterie de Normandie XVIIIe-XXe siècles [Exposition 11 juin-18 octobre 1993, Musée de Normandie, Caen]. Thonon-les-Bains, L'Albaron, 1993. 134 p.
CHRESTIEN, Jean-Pierre et Daniel DUFOURNIER. « Frenh stoneware in north-eastern north America ». HOOK, Duncan R., dir. et David R. M. GAIMSTER. Trade and discovery : the scientific study of artefacts from Post-Medieval Europe and beyond. British Museum Occasional paper, 109. Londres, British Museum, 1995, p. 91-103.
CHRESTIEN, Jean-Pierre et Daniel DUFOURNIER. « Les grès béarnais au Canada ». BOURGOIN, Jean, dir. et Jacqueline CARPINE-LANCRE, dir. L'aventure maritime, du golfe de Gascogne à Terre-Neuve : [actes du 118e Congrès national annuel des sociétés historiques et scientifiques, Pau, octobre 1993]. Paris, Éditions du CTHS, 1995, p. 251-269.
DÉCARIE, Louise. Le grès français de Place-Royale. Collection Patrimoines, série Dossiers, 46. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1999. 132 p.
Ethnoscop inc. Domaine de Callière / Fort Ville-Marie. 214, Place d'Youville (BjFj-101). Fouilles archéologiques 2014. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal/Ville de Montréal/MCCQ, 2015. 105 p.
HÉBERT, Thérèse-Marie. Les potiers de Martincamp [Exposition juillet-octobre 2012, Musée municipal de Lillebonne]. Lillebonne, Thérèse-Marie Hébert, 2012. 96 p.
ICKOWICZ, Pierre. « Martincamp ware : a problem of attribution ». Medieval Ceramics, Journal of the Medieval pottery Research group. Vol. 17 (1993), p. 51-60.