Laboratoire d'archéologie du Québec
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Pot à moutarde. Vue généraleImage
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Pot à moutarde. Côté AImage
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Pot à moutarde. Côté BImage
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Pot à moutarde. DessusImage
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Pot à moutarde. DessousImage
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Pot à moutarde. Détail de l'inscription sur le culImage
Photo : Mathieu Landry 2023, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-174 > Opération 1B > Couche stratigraphique 2 > Numéro de catalogue 1718

Contexte(s) archéologique(s)

Cave

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

Le pot à moutarde a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il témoigne de la variabilité des contenants de verre et des produits alimentaires commercialisés vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Il a également été choisi parce que cette moutarde a été distribuée par la compagnie montréalaise Henri Jonas & Co en activité entre 1870 et 1975.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

Le pot à moutarde en verre incolore sans plomb est soufflé au moule vertical du corps en deux parties avec base séparée entre 1870 et 1920, probablement au Canada. Il s'agit du moule le plus utilisé pour la fabrication des contenants de verre entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Son utilisation est généralement située entre 1850 et la période de fabrication mécanisée des années 1920. Vers le milieu du XIXe siècle, il remplace principalement le moule en deux parties, le moule en creux et le moule de type Ricketts. Son utilisation laisse des marques sur le corps qui partent du bord du cul et remontent de chaque côté de la bouteille jusqu'à l'autre extrémité, ainsi que sur la base. Le corps et le cul peuvent porter des inscriptions en relief. Ce pot était doté, à l'origine, d'une étiquette de papier et d'un bouchon, tous deux manquant aujourd'hui. D'après les inscriptions moulées sur le corps de l'objet, le pot à moutarde est commercialisé par la compagnie Henri Jonas. Henri Jonas est un Français qui établit son entreprise à Montréal en 1870 au 10, rue de Brésoles, puis au 389, rue Saint-Paul en 1891. Son entreprise est prospère et dessert une clientèle partout au Canada et à New York. Il offre une vaste gamme d'extraits culinaires, de condiments, de sauces et d'épices. À la fin des années 1880, son entreprise importe des produits internationaux. Elle cesse ses activités entre 1970 et 1975.

Le pot à moutarde est un récipient utilisé pour conserver un condiment à base de graines de sénevé broyées. Ce condiment est très prisé pour relever la saveur des plats et est également un remède utilisé pour combattre divers maux comme la congestion. Le pot à moutarde est destiné à la conservation de moutarde liquide. Une forme identique est présente dans le catalogue de 1890 de la compagnie Hagerty Brothers de New York sous la rubrique FRENCH MUSTARD BOTTLE. Cette compagnie d'importation existe depuis 1870, mais la moutarde française n'est pas annoncée dans les annuaires commerciaux avant 1888. En 1920, afin d'améliorer l'étanchéité des pots, le système de fermeture change pour des bouchons vissés et les pots sont alors dotés de finitions filetées. Le bouchon de métal remplace alors le bouchon de liège.

Le pot à moutarde est mis au jour en 1974 dans la cave de la maison Dupont-Renaud, située dans l'arrondissement historique de Place-Royale, dans la ville de Québec. Nicolas Dupont (vers 1632-1716), membre du Conseil souverain, garde des Sceaux et seigneur de Neuville, acquiert ce terrain en 1662 et y érige une maison en 1686, qui sera détruite au cours du siège de Québec (1759). Jean Renaud (vers 1734-1794), négociant et grand voyer, fait construire une nouvelle demeure sur les fondations de l'ancienne maison en 1768. La demeure accueille de nombreux locataires entre 1850 et 1915, dont une épicerie, une taverne, un hôtel et une quincaillerie. La maison Jean-Renaud est classée en 1964. Au cours du chantier de restauration de Place-Royale, l'immeuble retrouve son apparence de la fin du XVIIIe siècle.

RÉFÉRENCES

DÉCARIE-AUDET, Louise. La maison Dupont-Renaud à Québec : Un dépôt de bouteilles du 19e siècle. Dossier, 27. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. 58 p.
LINDSEY, Bill. « Bottle Bases ». LINDSEY, Bill. Historic Glass Bottle Identification & Information Website [En ligne]. https://sha.org/bottle/bases.htm
LINDSEY, Bill. « Food Bottles and Canning Jars ». LINDSEY, Bill. Historic Glass Bottle Identification & Information Website [En ligne]. https://sha.org/bottle/food.htm
PICARD, François-Dominique. Maison Dupont-Renaud (lot 2130), Place-Royale, Québec, rapport de fouilles archéologiques, janvier-mars 1974. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ministère des Affaires Culturelles, 1974. 30 p.
s.a. Anciennes bouteilles de médicament du Québec [En Ligne]. https://bouteillesduquebec.ca/
Université McGill. « Henri Jonas & Co. ». Université McGill. McGill Archival Collections Catalogue [En ligne]. https://archivalcollections.library.mcgill.ca/index.php/henri-jonas