Monnaies et jetons
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Les monnaies et jetons :
de l’argent sonnant et trébuchant sur le territoire québécois

Christian Roy

Si l’usage de la monnaie dans sa forme actuelle, celle d’un petit disque métallique plat, remonte à l’Antiquité et évoque les richesses du célèbre roi Crésus, c’est seulement avec l’arrivée des premiers Européens qu’apparaît l’argent sonnant en Amérique. Instrument d’échange économique ou outil de paiement entre deux parties consentantes, la monnaie a de tout temps été régie par une seule règle : sa valeur n’ayant d’égale que celle que l’on veut bien lui reconnaître. La présente collection virtuelle propose un ensemble représentatif de quelque 200 monnaies et jetons qui ont circulé au Québec depuis la venue de Jacques Cartier. Issu de certains de nos sites archéologiques les plus importants, cet assemblage illustre toute la diversité des types monétaires qui avaient cours légal, ou non, durant les siècles derniers.

D’argent, de billon, de bronze, de cuivre ou de nickel, les monnaies et jetons sélectionnés ici ont été frappés entre le second quart du XVIe siècle et les années 1960 et couvrent l’ensemble des périodes de l’histoire récente du Québec, depuis la première tentative de colonisation française en Amérique du Nord jusqu’au règne d’Élizabeth II. Provenant de plus d’une douzaine de pays, dont la France, l’Angleterre et les États-Unis, cette collection se caractérise aussi par des pièces frappées en Espagne et dans ses colonies d’Amérique (Mexique, Pérou et Bolivie), au Brésil, en Allemagne, en Hollande et même en Chine. Et que dire, par ailleurs, de ce tétradrachme à l’effigie de l’empereur romain Maximien Hercule, une monnaie frappée en Égypte vers la fin du IIIe siècle de notre ère qui a été retrouvée dans le Vieux-Montréal!

Mais là ne s’arrête pas la diversité de cet assemblage qui se compose de monnaies royales et féodales, de jetons semi-légaux, privés ou anonymes, sans oublier quelques jetons de compte et même un poids monétaire. À leur façon, ces différentes pièces nous rappellent l’évolution du processus de fabrication du monnayage métallique depuis son invention. De la frappe au marteau en passant par la frappe au balancier ou à la presse à levier, cette évolution a vu radicalement changer la manière de battre monnaie entre le XVIIe au XIXe.

Des douzains de la Renaissance jusqu’aux monnaies canadiennes du XXe siècle, cette collection témoigne non seulement de la grande variété des espèces sonnantes qui circulaient sur le territoire québécois, mais aussi des changements socioéconomiques survenus au cours des siècles derniers, des changements qui ont jalonné le passage de la petite colonie laurentienne vers un état moderne. Venez découvrir avec nous près de 500 ans de l’histoire monétaire du Québec.

ARTÉFACTS DE CETTE FAMILLE
Monnoyage
Planche tirée de l’Encyclopédie de Diderot, technique de fabrication de la monnaie dite du « monnoyage au balancier » (Diderot et d’Alembert, 1762-1772).
© musée de la Banque nationale de Belgique.
Ecu aux lauriers à l’effigie de Louis XVI
Ecu aux lauriers à l’effigie de Louis XVI, frappé au balancier à l’atelier de Bayonne, en 1775 (no. archéologique : CeEt-41-14B12-4), a. Avers, b. revers.
Émilie Deschênes 2017, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d’archéologie et d’histoire de Montréal